Une belle exposition dans l’Aula de la HEP à l’avenue de Cour à Lausanne
Haute école pédagogique du canton de Vaud (HEP Vaud)
Anouck a une imagination débordante, sait s’entourer des meilleures et partager. Elles ont confectionné ce grand panneau mobile qui est magnifique, plein de respect et d’admiration pour Renée Delafontaine.
Voici ce qu’elle a réussi, – avec 2 collègues candidates à la HEP pour le diplôme d’enseignante spécialisée, – à concevoir puis à réaliser et qui a été exposé dans l’Aula de l’HEP. Je vous laisse découvrir la description de leur démarche :
« FARANDOLE D’OREE »
Nous sommes trois éducatrices spécialisées, en fonction dans la même institution, à des postes d’enseignantes spécialisées dans deux secteurs différents (l’Orée et la Violette) et effectuons notre « passerelle » à la HEP.
En accord avec M. Leuba , nous nous sommes réunies pour la création et la réalisation de cet objet hors norme.
« Nous avons mis en commun nos idées, nos envies. Puis chaque enfant s’est lancé dans la création et l’expression sur son petit bout de territoire donnant peu à peu naissance à cette grande trace vive et virevoltante.
Dans la relativité de nos possibles nous avons mis en commun nos énergies, du matériel et des liens fais de rencontres pour qu’advienne ; non pas un bricolage, qui serait une simple addition de matière, mais une œuvre d’art commune qui est une multiplication au carré. »
Extrait du discours écrit et proclamé par Lucienne Giordano, fait à l’inauguration de l’objet, dans le cadre du dixième anniversaire de l’Orée.
Forme : sculpture mobile suspendue de 5/ 3 m., deux plans recto/ verso constitués de chacun quinze panneaux reliés à une structure faite de roues de vélo ; le tout pouvant être activé par un contacteur accessible et utilisable par tout élève en situation de polyhandicap de l’Orée.
Fonction : installée dans les hauteurs de la salle à manger du secteur de l’Orée, l’objet « anime » un volume en hauteur jusqu’alors vertigineux et vide. Hommage rendu aux élèves passés et présents dans cette école depuis ses dix ans de création ainsi qu’à la fondatrice de la Fondation : Mme Renée Delafontaine. Une fois enclenchée, la sculpture ronronne avec son petit moteur qui la fait tourner et le regard se lève.
L’importance du lien, de la rencontre : une nécessité pour la Vie !
Sens : Le lien est le sens et fil rouge de cette œuvre collective. Les multiples panneaux, qui pourraient se suffire à eux-mêmes, forment, une fois réunis, un ensemble cohérent. Ce « tout » est d’autant plus beau, émouvant qu’il est vecteur d’une fierté individuelle et commune.
Le lien, la rencontre ; entre le passé et le présent ; entre les élèves participants à un même projet ; entre les enseignants de la même section, d’une autre section et d’autres professionnels (service maintenance) ; entre des enfants de deux secteurs aux problématiques très différentes.
Du rêve à la réalité… Le défi qui nous est donné : « à la recherche de l’androïde »
Le prétexte était tout trouvé : bientôt la fête des dix ans de l’Orée ! Une envie de base, égayer durablement un lieu fréquenté par tous au quotidien avec une hauteur de plafond difficile à « habiter » : la salle à manger.
Une idée d’une sorte de grande sculpture à plusieurs panneaux mobiles ; idée d’insérer le portrait de Renée Delafontaine (fondatrice de la fondation), idée d’une structure mobile avec les roues de vélos peintes utilisées dans le cadre de « Lausanne et jardins » (de l’arrêt de métro « Jordils », 3ième vies pour elles !) et surtout que tous les élèves de l’Orée(29) et un de la Violette participe activement à un projet commun.
Nous avons dû trouver des temps hors temps travail, faire correspondre nos disponibilités sur des temps de soirées et de week-ends.
Plusieurs rencontres ont été passées à penser et tester différentes options sur la manière de réaliser cet objet ; résolution du matériel à utiliser (contrainte de poids, de solidité), pour les panneaux, les attaches (mobilité), les fils (réunir les panneaux sans que cela soit trop rigide mais sans que tout s’emmêle), quelle hauteur et largeur disponible au plafond, comment rendre l’effet du « multiples et Un» ? Etc … .
Tout ce que nous avons délégué nous a soulagé et, en même temps, demandait de donner confiance à l’autre. Un bel exercice, pas toujours évident !
Un processus pour une semaine créative a été pensé, négocié, planifié, organisé. Chaque élève y recevait un rectangle de carton épais à décorer d’un côté. Une table spécialement aménagée comprenant tout le matériel nécessaire installée et mise à disposition. Le rendez-vous était pris, pour tous, le vendredi à 15hoo pour la remise des divers travaux. Ce dépôt commun fut surprenant tant l’émotion et un sentiment fort d’appartenance se dégageait au fur et à mesure que les élèves et leurs œuvres arrivaient ; déposant leur panneau puis laissant la place pour le suivant, formant petit à petit un cercle d’accueil chaleureux.
Moment fort aussi, à la fête du secteur, avec la présence de nombreuses familles et de la direction. Une inauguration en « grand public » a participé à l’éclat flamboyant de la découverte pour tous du résultat final ; dont ils pouvaient tous être fiers.
Nous étions trois, chacune avec ses forces et ses limites. L’effet magique d’une telle collaboration, lorsque chacun a la motivation, est que les compétences deviennent contagieuses et les faiblesses sont comblées de parts et d’autres. Certes il y a aussi l’apprentissage du compromis, du respect et l’écoute de chacun pas toujours évident lorsque les difficultés et le temps qui presse créent des tensions.
Ce travail à trois fut un plaisir et une surprise ; la dynamique a permis qu’à chaque étape (créative, administrative, technique) tout coule sans restriction. Ce fut un processus mené pleinement à trois, constamment en mutation et toujours alimenté avec le même enthousiasme et la même efficacité.
Evidemment, j’en ai tiré quelques photos :
panneau avec les prénoms des anciens élèves
quelques travaux individuels d’autres candidats sur le thème de l’Androgyne et qui avaient pour conditions : la mobilité mécanique d’une durée d’un an ou deux :
Génial ! C’est du baume au coeur de voir cette jeunesse pleine d’idées nouvelles, bourrées d’imagination artistique et nantie de perspicacité, d’intelligence pétillante et pas dénuée de sain jugement sur notre société, nos émotions… « L’impatience » (doigt tapotant pris en cage à oiseaux) m’a particulièrement plu, mais hélas n’ai pas la photo… BRAVO à toutes et à tous.












































: je crois que ce massif est encore plus beau que celui du Mont-Blanc !


