Le chœur mixte « Les Trois Sapins » et Noé recrutent à Peney… (publié dans Le Courrier du 2 décembre 2010)
… la colombe leur apporte un rameau de sapin…
L’Arche de Noé pleine d’animaux remplit la scène, le tonnerre gronde et les éclairs déchirent l’espace. Hors champ, la voix de Dieu dit sa déception des humains, guerriers et cupides, il veut leur donner une leçon et prévient Noé qu’il va le transporter des siècles plus tard. Le chœur entonne « Mort les enfants » (Langolff/Sechan). Noé cherche donc un constructeur pour son arche. Sous les rires du public, mais sans succès devant Noé, se présentent alors Ernesto Bertarelli, Roger Montandon et Steve Ravussin. Suit un très beau « Je voudrais voir la mer ».
Sur l’arche sont déjà les meilleurs couples d’animaux, il ne reste plus qu’à trouver le plus loyal, le plus intelligent et le plus beau spécimen humain car aujourd’hui, « La vie ne vaut rien » (Souchon). Viennent alors se proposer à l’embarquement: une Ségolène et une Aubry trop bavardes, un Brélaz trop massif, un Kadhafi traité de bouffon, un Rocco star de porno (que les deux filles de Noé aimeraient bien inviter à bord) et fait chanter à Marina un « Si j’étais un homme » (Diane Tell), plein de tendresse. Arrivent ensuite, un Blocher trop vieux, un Darbellay politicien trop « girouette », une Angela Merkel avec une belle poitrine mais au passé trop envahisseur, un (trop) petit Nicolas dont il garde la jolie épouse. L’emporteront finalement un Federer monter sur ressort et sa douce épouse Mirka avec leurs deux petites jumelles. Le chœur chante « Je suis venu pour elle » (Souchon). Thimothée, le fils de Noé est le roi des tubercules et un autochtone les prévient, à Peney il fait trop froid l’hiver. Noé opte ainsi pour la pomme de terre, mais encore faut-il définir la meilleure. Un forum de la patate est organisé, les agriculteurs doivent défendre les qualités de leurs pomme de terre devant Thimothée. Il lui est très difficile de choisir entre l’aristocrate, la plus belle, la grimpionne, la prolétarienne ou la présidentielle. Le chœur chante « Solitaire » (Lavillers). Mais Noé s’ennuie sur son bateau et s’adonne à la pêche. Ecouter bien le beau texte de Michel Bühler « Les poissons sont des cons« , il est admirablement dit par Gaby/Noé. Mais les filles s’ennuient elles aussi et conseillent de ramer plus vite. « Rame » (Souchon) magnifiquement interprété sera bissé. Sur le pont, la belle Carla, remercie Thimothée et va écrire pour lui « Au clair de ma plume » (Maurane) que nous offre la chaude voix de Myriam. Mais la terre se dessine au loin, la colombe revient avec en son bec un rameau… de sapin. Suit un chant à quatre voix parfaitement mêlées « Terre » (Thomas). Au petit matin l’Arche est posée sur un mont qui n’est pas Ararat. Thimothée/Joël chante remarquablement « Le Jour s’est levé » (Téléphone) puis rencontre un autochtone qui lui vante la vie paisible et sans problèmes à Peney. Le chœur interprète alors la superbe chanson « Ensemble » (J.-J. Goldman). Heureux et satisfait Noé souhaite maintenant planter de la vigne, un habitant de Peney le lui déconseille en raison des hivers trop froids alors, bien disposé, Noé osera planter des patates. Le spectacle se termine sur une non moins belle chanson « Ose » (Noah).
Pour cette cuvée 2010, la barre a été placée haut avec ce répertoire varié, moderne et difficile. Le défi est magistralement relevé grâce à la direction patiente et persévérante de Pierre-André Pilet, aux textes truffés d’humour et à la mise en scène vigilante de Raymond Jaquiéry ainsi qu’au soutien infaillible de la dynamique pianiste Dominique Rosset.
Les photos des deux premières soirées se trouvent à la suite l’une de l’autre : mille excuse à la décoratrice de la salle, Lotti, qui a fait un travail remarquable pour orner les murs de vagues et de beaux poissons ainsi que les tables de petits bateaux et de jolis oiseaux.
