Nous avons pris le TER et roulé durant 5heures en direction de l’Aquitaine (c’est grand la France) afin de rejoindre Anouck, Sylvain et Nathan dans leur maison d’échange. Nous avons souffert de la chaleur dans le train car la clim était en panne! Et pas de WIFI à bord alors que l’agence m’avait dit le contraire ? puis cerise sur le gâteau, pas d’eau au robinet des WC, les mains pleines de savon heureusement que j’avais des lingettes humides avec moi! Bravo la SNCF!

Bordeaux est une magnifique ville, un peu « bourge » certes, mais la vie semble s’y dérouler paisiblement, même sous la canicule (39 et humide, sans vent… pouh ! c’est lourd… mais les soirées sont supers!). Les places de la ville sont magnifiques: pavées ou parfois joliment carrelées, souvent arborées aussi, comme l’Esplanade des Quinconces et son formidable monument aux Girondins entourant la grande vasque de cette superbe fontaine. Plein, tout plein de symboles pour ses immenses sculptures en bronze de toute beauté; si vous êtes curieux chercher sur le NET. Au bout de la terrasse l’entourant, Montaigne et Montesquieu vous regarderont du haut de leurs piédestaux. Puis par de pittoresques ruelles, à travers le vieux quartier des Chartrons, nous sommes allés flâner sur les nouveaux quais au bord de la Garonne. Juste dommage qu’il n’y ait plus aucun bateau amarré! Le quartier des Chartrons doit son nom au couvent des Chartreux installés ici autrefois et sa richesse au commerce du vin avec les Anglais ; on constate cependant que la Ville de Bordeaux n’aime pas que le vin, elle aime l’eau aussi! Son miroir d’eau créé par 2cm. d’eau sortant d’entre les dallettes, sur la place de la Bourse qui s’y reflète merveilleusement, fait la joie de chaque piéton, petit ou grand, jeune ou vieux, handicapé ou pas passant par là. C’est tellement ludique et rafraîchissant. Un régal pour les yeux évidemment, les photographes ont de la peine à s’en arracher.

Comme à Paris, Toulouse, Clermont-Ferrand, Montpellier et d’autres villes, le tram alimenté par le sol pour tout le centre ville, glisse doucement au milieu de tout le monde et des cyclistes, sans polluer. Vous avez plus de risques d’entrer en collision avec un gigantesque flacon de Bordeaux posé sur un trottoir devant l’entrée d’un négociant en vins… Bref, à quand le retour du tram à Lausanne que de grands malins avaient trouvé judicieux de supprimer ?
Des musées, dont nous ne verrons que le CACP, (Centre d’arts plastiques contemporains) installé depuis 1974 dans l’ancien Entrepôt Lainé, tout en briquettes sombres et pierres claires, aux grandioses galeries sous une belle charpente. Sucre café épices coton y étaient entreposés dès 1824. Reconverti sobrement en 1973, il possède une très agréable terrasse en toiture et un joli restaurant pour le midi. Heureuse mutation. Nous y voyons principalement l’expo de feu Michel Majerus, jeune artiste luxembourgeois décédé en 2002 à l’âge de 27 ans dans un accident d’avion … Dans l’ensemble je n’ai pas trop aimé, mais deux ou trois choses intrigantes… faut se tenir au courant des courants… Sa piste de skateboard peinte occupe tout le centre du musée au rez-de-chaussée. Deux autres expos ici aussi: « Make-up » et « Surveiller et Prévoir » (dégradation et restauration d’œuvres peintes)
attention: danger!
Michel Majerus (Supermichel) et Make-up

Je préfère, les talents des tagueurs ou sprayeurs de la rue Dénoyez à Paris. J’aurais mieux aimé voir l’exposition »La Route du baroque » que proposait le magnifique Grand Théâtre Opéra, sur la très belle Place de la Comédie et inauguré en 1780 mais on n’avait plus le temps. Tout autour, dans les rues marchandes, les avenues, parfois piétonnes, comme la rue Ste-Catherine incurvée en son milieu et longue d’un bon kilomètre, de très beaux commerces côtoient les plus courants.
Un quartier d’artisans où vous trouvez des ateliers de couturières, de menuisiers, de tapissiers, avec des petites échoppes, boutiques pour dénicher teintures, enduits ou encore la patine exacte que vous recherchez. Il y a de magnifiques monuments, de très beaux immeubles anciens restaurés ou non. Des milliers de mascarons décorent les hauts de portes ou les dessus de fenêtres. Des lampadaires vraiment rétro ou résolument modernes embellissent avenues ou quais de la Garonne. Après avoir passé la porte de dite rivière vous arrivez près du vieux pont dénommé simplement Le Pont de Pierre, autrefois Pont Napoléon, il l’enjambe pour nous faire passer sur la rive droite, que nous n’avons pas eu le temps de visiter. Ce sera pour une autre fois car il paraît que si on n’y a pas été on n’a pas bien vu Bordeaux, plus belle paraît-il de cette rive avec son port de La Luna en face. Nous reviendrons en 2013 ou 14 pour voir achevé le tout moderne pont levant en construction !
Nous irons le dernier jour dans le Bassin d’Arcachon, toujours sous une chaleur torride; Anouck et Sylvain ayant déjà visité Arcachon et son bassin depuis un bateau; nous filons donc en direction de Cap Ferret pour nous arrêter, sur conseil d’Anouck, dans l’étonnant petit village d’ostréiculteurs qu’est L’Herbe. On y visite en premier une église étonnante avec un clocher portant croix et croissant : la chapelle de la villa algérienne au culte catholique construite vers 1870 par un riche entrepreneur revenu d’Algérie.

Quant au village, il est a-d-o-r-a-b-l-e ! Des petites maisons ou cabanes en bois peints, fenêtres fleuries, passages décorés de filets, de vélos. Plusieurs bassins frais avec cageots d’huîtres. Séparées par des venelles ensablées où poussent mieux que chez moi de belles roses trémières et autres arbustes. J’y retrouve une authenticité plus ressentie depuis notre visite à Ste Rose du Nord sur le Saguenay. J’ai adoré, aussi bien sûr les huîtres de ses habitants avec le petit rosé… devant la plage sous la tonnelle toute simple, une merveille ! J’ai pensé à Ibiza il y a 45 ans… Par contre, Cap Ferret, bôôf ! Heureusement que le club de boulistes a bien voulu nous accepter pour un café verre d’eau car au bord de la plage, en dehors des jolies maisons louées à pris d’or, pas de buvette pour les pauvres touristes de passage ! ;-((
On a eu également le plaisir de revoir le frère de Sylvain (hélas un peu brièvement) et une partie de sa famille. Le troisième jour est arrivé, il nous faut reprendre l’INTERCITES en espérant que la clim fonctionne cette fois… Oui elle fonctionne, mais il fait chaud quand même et le chef de train nous demande à tous, par haut-parleur, de veiller sur nos voisins seuls et d’alarmer si nécessaire…
Solidarité française ? comme la gentillesse de notre voisine qui, nous sachant sans voiture, nous a menés à la gare de Nîmes. Ne pouvant venir nous rechercher à notre retour, elle a avisé, sans nous prévenir, d’autres voisins qui sont venus nous reprendre. Les troisièmes voisins nous avait prêté une de leurs voitures pour aller mener et rechercher la nôtre au garage à Alès ! C’est pas beau la vie ?