LA COUVERTOIRADE à 2 h. 30 de chez nous… (commune du Parc naturel régional des Grands Causses) fondée par les moines (soldats également…) Templiers sur la route du sel au XIIe. Une petite escapade donc dans le sud de l’Aveyron avec pour but de découvrir ce village dont on nous a souvent vanté l’authenticité et qui vient de passer sur Arte jeudi 25 septembre (TF1 aussi). Ce magnifique petit village (mini Carcassonne) se situe sur le plateau du Larzac et n’a bénéficié de l’eau courante que dès 1975. Auparavant, par un système de chenaux en pierre ou en bois soutenus par des « corbeaux », l’eau de pluie était récoltée; chaque maison, séparée de sa voisine par un étroit passage de 50 cm. permettait de remplir les citernes individuelles. La rue principale était en terre battue jusqu’en 2006, elle est maintenant encaladée (je tremble de vous sembler soudain pédante, mais j’ai appris ici qu’une calade est une rue « pavée » de pierres posées sur la tranche) ! Les fils électriques et autres câbles sont enterrés, seules les antennes TV sur les toitures témoignent du présent. Les boutiques, échoppes n’ont pas encore envahi le village comme aux Baux de Provence, juste un commerce de beaux cuirs travaillés par des tanneurs, un tisserand, une boulangerie produisant sur place les délicieux « biscuits à la broche » (merveille avec le café du matin : une pâte coulée lentement et régulièrement en couches successives sur un moule conique tourné à la broche cuits au feu de bois) et deux discrets cafés restaurants très sympathiques. C’est sur l’une de ces terrasses que l’on nous a dit vouloir préserver le village de l’invasion d’étrangers commerçants pour le laisser appartenir à ses habitants. Bravo ! mais cette très belle intention résistera-t-elle au temps et au profit ? Je le souhaite !

LE CIRQUE DE NAVACELLES : enfoui 325 m. plus bas, au cœur des gorges de la Vis, est une curiosité géologique naturelle (à laquelle la main de l’homme a contribué); il est « à cheval » sur les départements du Gard et de l’Hérault. On l’admire du haut des Causses de Blandas ou du plateau du Larzac. Le sculpteur Paul Dardé aurait dit : « on pourrait y cacher la Tour Eiffel !« .Pour atteindre ce méandre verdoyant formé par le détournement de la Vis, il faut descendre… mais en bons Suisses ce n’est pas la descente vertigineuse toute en lacets serrés qui nous arrête, nous « sombrons » dans un havre de paix, sur « l’huître » ou « rocher de la Vierge », où coule, paisible aujourd’hui, la Vis qui s’étire en une très jolie cascade d’environ 8 à 10 m. Une vingtaine d’habitants se partagent trois pâtés de vieilles maisons grises (dont une ou deux datent du Xe), de beaux arbres et dans la prairie poules et oies picorent en liberté. Ce méandre fertile dans lequel pousse la luzerne, abrite une faune et une flore exceptionnelles.
un indien et une grand-mère nous surveillent

Le Causse du Larzac : un plateau karstique splendide de 1000 km2 (vous voyez, j’aime le Jura et ça lui ressemble, mais en tellement plus vaste qu’on croirait voir le bout du monde). Elle est tellement belle cette région sauvage, aride, modelée par des siècles de passages de troupeaux et d’entretiens agricoles. Piquée ici et là de buissons épars gris, jaunes, des buis vert foncé, des genévriers puis par endroits un groupe de sapins, des rochers ruiniformes (comme ma tête d’indien juste plus haut), des chênes noirs, de la terre rouge et des troupeaux de moutons, parfois quelques vaches. Les brebis fournissent leur lait pour la fabrication du fameux roquefort. Vous souvenez-vous des années 70 lorsque qu’un projet d’agrandir la zone militaire de La Cavalerie avait mobilisé plein d’opposants venant de toutes parts pour soutenir les paysans… ? on en retrouve quelques-uns de ces 68tards (même des Hollandais) bien enracinés et très heureux. Si j’avais 20 aujourd’hui je suivrai probablement un de ces « défenseurs » pour un temps… ;-)) Lorsque l’on vient de Paris via Clermont-Ferrand, la porte d’entrée en est le beau Viaduc de Millau. Ces trois sites font partie des Causses et des Cévennes inscrits aux patrimoine mondial de l’Unesco en 2011.

Nous nous arrêtons aussi dans le très pittoresque village de Ste Eulalie de Cernon, une des premières paroisses de l’Aveyron au VIe, berceau des Templiers qui y construisirent une très grande commanderie, mais surtout pour aller voir ce qu’est le fameux « vélorail ». Des chariots à deux sièges-pédaleurs et un petit banc pour les enfants. Pas de chance, il est en entretien et ne fonctionnera que demain… zut on aurait bien fait un petit tour dans les collines : montée en petit train et redescente en vélorail par le viaduc et les tunnels. L’idée est super et remporte semble-t-il un grand succès.

L’orage est arrivé durant la nuit, un orage violent. Dans notre joli petit gîte si mal pratique, si peu confortable et pas très propre l’électricité a cédé. Tant pis puisque nous n’avions même pas une bouilloire pour nous faire thé ou café et que mon mobile a une lampe de poche intégrée ! Une adresse très médiocre cette soit disant chambre d’hôtes… Nous avons pris, sous la pluie, le chemin du retour en direction du soleil que nous retrouvons radieux sur une terrasse à Sylvanès.
L’orage violent est arrivé durant la nuit. Dans notre (joli sur photo) petit gîte si mal pratique, si peu confortable et pas très propre, l’électricité a cédé. Tant pis puisque nous n’avions même pas une bouilloire pour nous faire thé ou café et que mon mobile a une lampe de poche intégrée ! Une adresse très médiocre cette soit disant chambre d’hôtes de « La Salvétat du Larzac »… Nous avons pris, sous la pluie, le chemin du retour en direction du soleil (soit la direction contraire au Mont Aigoual sur lequel nous voulions grimper…) que nous retrouvons radieux sur une terrasse à Sylvanès. Un tout petit village qui compte une belle église abbatiale que nous n’avons hélas pas pu visiter entièrement. Pour nous consoler nous voulions nous rendre pas loin sur le site d’une église orthodoxe toute en bois, arrivée en pièces détachées de la forêt de Kirov en Russie et remontée ici en 1994 sans clou ni cheville. Malheureusement, l’orage avait défoncé le chemin d’accès et il a été impossible de passer, même à pied. L’orage de la nuit a causé bien des dégâts et les trax, pelles mécaniques et camions sont à l’œuvre. C’est boueux et très glissant, des arbres ont été déracinés. Finalement, nous arrivons à en perdre le soleil pour nous retrouver dans le brouillard dense au col de Coustel à presque 900 m. mais de belles images s’offrent à nos yeux : des châtaigniers vigoureux et des bruyères bicolores splendides. On est dans la ouate et c’est ce que l’on préfère… Une superbe entrecôte dans un pub de motards à Hérépian et on roule pour Saint Quentin ! On verra le Mont Aigoual une autre fois !
