Nous étions invités par Francine et son Jean-Pierre à passer trois jours dans leur havre de pierres – authentique aveyronnaise – en pleine campagne dans un adorable hameau. Le soleil, la température estivale (jusqu’à 36) et le cadre furent des conditions idylliques pour ces jolis moments d’amitié.
J’aime traverser les Causses (celui du Larzac et celui de Blandas déjà parcouru) et leurs paysages magnifiquement sauvages (hélas pas le temps de flâner avec JP No 2). Juste j’ai pu photographier une lavogne : terrain aménagé des creux naturels (les sotchs) en les étanchant par un tapis argileux pour capter et retenir les eaux de ruissellement et en les pavant de pierres calcaires afin que la couche d’argile ne soit pas percée par les onglons des brebis.
Dans la cuisine, non, pas le parfum de ces saucissons et de ce jambon, ils sont factices : Francine les a confectionnés il y a quelques années alors qu’ils travaillaient tous deux pour le cinéma et réalisaient des décors de films.


Ils nous ont fait voir des menhirs (en copies, car les véritables sont au musée) cachés sous des arbres, près de Coupiac sur le Mousse. N’est-ce pas un nom charmant ? En dehors du village, il nous ont fait découvrir l’ancien cimetière de Massiliergues et sa petite chapelle. Un petit cimetière paisible, en pente douce sous de grands arbres. Il n’est plus utilisé depuis 1933 mais on y ressent une impression de douceur et on a envie de croire que tous ces « allongés » sont morts sans souffrance et se reposent sans regrets, l’âme en paix…

Le soir nous mangeons sous le vieux noyer magnifique qu’il faudra, hélas, bientôt tronçonner un peu tant il menace de se coucher un soir d’orage car ses branches sont grosses et lourdes.
Le lendemain, Brousse-le-Château sur son rocher, est une magnifique cité dans laquelle ont été respectés l’aspect ancien des maisons (15e et 16e), les ruelles en calades, les plantes et les herbes, la tranquillité des habitants. On y entre par un superbe pont gothique. Toits en lauzes et murs de grès. Le Tarn et l’Alrance apportent l’eau pour les cultures en restanques, ou en contrebas.

Combret-sur-Rance, sur un piton rocheux lui aussi, est un très joli village de grès rouge qui fut une baronnie et donc une place forte de la défense du Rouergue méridionale. Ah! ces inégalités sociales vers lesquelles il semblerait que l’on retourne rapidement… Bref! les constructions sont très anciennes et on trouve encore dans Combret des inscriptions en espagnol. Une « halle » de justice médiévale avec en « garde du corps » une croix de pierre sculptée et des maisons à encorbellement de l’époque Renaissance.

Saint-Sernin-sur-Rance, un village d’environ 670 Saint-Serninois et Saint-Serninoises. Nous n’aurons hélas pas vu grand’chose de ce village qui possède une très belle collégiale du XIVe et XVe s., un édifice classé au titre des monuments historiques dès 1930, dont nous ne nous serons pas approchés. En passant, nous avons vu sur la Place de la mairie, la statue de Victor, L’Enfant Sauvage; de cette étrange histoire François Truffaut a tiré un film dans les années 70. Nous avons fait un crochet pour que F. et son JP. revoient la maison de leurs amis dans laquelle ils avaient ensemble passés de si bons moments.

Nous avons passé rapidement à Plaisance, dont les habitants ne sont pas des plaisantins mais les Plaisançais. Egalement à Saint-Sernin où nous avons pris le temps de visiter deux petits musées. Un sur la vie d’autrefois dans le village; dans l’entrée il y a une ancienne petite armoire avec une affichette nous indiquant comment mettre la lumière dans ce musée local. Heureusement, car dans la dernière pièce sombre trône à une table une mégère en cire capable de vous inspirer les pires cauchemars, voire de vous jeter un sort. Puis, bien sûr, des fers à repasser, des outils, des bancs d’école, photos, etc… et l’autre, minuscule, un peu plus bas dans le village, conservant de très beaux petits menhirs.
