Au sommet d’un magnifique village du Gard, à Vénéjan, pour tout vous dire, nous avons assisté à un concert extraordinaire !
Nous sommes arrivés en début de soirée devant une magnifique clairière, entourée de pins et de chênes verts, au fond de laquelle trônait un très beau vieux moulin à vent. Construit en 1813, il a fonctionné bien quelques décennies. L’usure du temps et quelques « colères d’hommes » l’ont mis à rude épreuve. Il a été restauré par des compagnons du devoir et lorsqu’Eole le veut bien, les promeneurs peuvent avoir l’immense plaisir de voir à nouveau tourner ses larges ailes de bois.
En longeant le chemin creux qui borde cette pinède, nous arrivons très vite à la chapelle romane Saint-Jean-Baptiste, juchée sur son bout de rocher. Elle est très belle et date du XIIe siècle. Ce qui excuse grandement le fait, qu’en ce moment, son accès soit un peu scabreux en raison de travaux d’aménagement de son pourtour. De son parvis, des sentiers discrets descendent vers les maisons aux jolis toits de tuiles et nous bénéficions d’une vue splendide sur les vignes l’entourant. La plaine s’étend ensuite jusqu’au bleu des collines formant l’horizon. Sur sa droite, la silhouette imposante du château plein de lumières est rassurante.
Il fait une cuisante chaleur et ce n’est pas ce soir que nous placerons sur nos épaules les petits châles apportés… les dames font vibrer leurs éventails vitesse grand V et la plupart des messieurs s’épongent !
Dès 21h le TRIO MESSIAEN nous permet (presque) d’oublier la température. « Lettres Mêlées » de Thierry Escaich (né en 1965) nous envoûtent dès le départ. Par « envolées », je pense aux dialogues qu’échangeaient en public mes amis Léon Francioli et Nunusse ; le piano surtout ! J’ai beaucoup apprécié cette première partie, bien que je n’en aurais pas voulu davantage pour ce soir. Ensuite, Trio en Ré mineur de Gabriel Fauré op. 20, c’est beau, mais l’apothéose pour moi fut Trio No 2 en Ut mineur op. 66 de Félix Mendelssohn : magnifique interprétation moderne : douce, violente , harmonieuse : sublime ! Le public composés, à part nous, de grands mélomanes ne cessait d’applaudir, ne pouvant plus s’arrêter et peinant à quitter la chapelle ! Une magnifique soirée dans ce décor de rêve !