Lundi 29 septembre nous partons pour Ottawa (capitale administrative du Canada), mais…
… sur la 132 O, à une centaine de km de Montréal, déjà nous nous arrêtons au Parc Omega de Montebello pour pique-niquer à proximité de jolis visons, sous les les premiers érables rougeoyants et les yeux ternes de deux Wapiti et Ours en bois. L’air est plus frais, la différence en une semaine, est conséquente mais le soleil tiédit nos dos alors ça va bien. Mais notre but est cette réserve faunique (comme ils disent ici) de 10 km sur 10 environ au sein de laquelle on circule en voiture (avec défense d’en descendre – sauf à ses deux extrémités). On nous averti aussi que les mâles wapiti sont en « saison des amours » et que pendant cette période de rut ils sont très dangereux, vite agressifs. A peine la barrière franchie, deux femelles wapitis sont au milieu de la route et nous regardent arriver sans bouger. Sont-elles aussi sculptées? On hésite. Mais non, elles bougent et d’autres arrivent. Magnifique! On roule au pas, munis de nos carottes. J’ouvre ma vitre un petit peu et aussitôt un joli museau beige vient la lécher. Quelles grandes dents ma fille! Crunch crunch que c’est bon çô! En arrière-plan un petit lac et des arbres aux belles couleurs automnales. On avance tout doux et sur le bas côté, maman wapiti nous regarde, son petit couché à côté se lève pour aller téter. Presque sous leurs pattes de jolies bernaches broutent. C’est une sorte de paradis pour les animaux, mais pour nous aussi. On avance toujours tout doucement, d’autres biches arrivent et j’ouvre plus grand ma fenêtre : qu’elles sont douces, et ces yeux… Soudain une sorte de beuglement nous fait presque sursauter: M. Wapiti est juste là, à côté, près de son arbre. Il n’a pas envie de nous voir de trop près semble-t-il. On avance un peu, arrêtons le moteur et je lui demande de me faire encore une fois SVP, le « cri du wapiti en rut au fond des bois » ! Merci! Génial! je suis comblée… On en voit beaucoup, des grands, des petits, des mâles, des femelles. Et puis, dans le talus un sanglier se prélasse mollement. Au contour, Mesdames, très sociables malgré leurs 6 à 8 adorables marcassins viennent elles aussi nous renifler de plus près. La variété des individus attise la curiosité des uns comme des autres! Encore des wapitis, puis des cerfs, des daims. C’est tellement beau! Ils sont couchés dans les feuilles, seuls ou en petits groupes dans la forêt, à 10, 20 ou 30 mètres; certains broutent paisiblement sans nous prêter attention.

Wapiti senior Wapiti junior Maman wapiti
Une clairière plus loin, une demoiselle solitaire, grise, en escapins noirs à petits talons, dévale le talus en se dandinant. Presque élégante, elle vient grogner un peu sous la vitre pour une ou deux carottes.
dommage de si mal vieillir…
Au lac des castors, plein de barrages mais hélas pas de castors pour nous accueillir. Par contre nous ne pouvons rater le troupeau ruminant de bisons paisiblement couchés. Clic-clac et on ne voit pas arriver derrière nous un solide spécimen décider à nous faire avancer… on dégage… mais son copain est au milieu de la route. On part tout doux donc! On sent que les animaux sont en confiance, ils ne sont pas stressés et ne craignent rien de nou z’autres.
allez les Zuppi… on avance un peu là !
Plus loin encore, mais derrière des clôtures en fil de fer, deux loups gris des forêts environnantes. Craintifs et superbes! Deux coyotes aussi, ceux-là me font vraiment peur, ils ont l’air cruel, le museau carnassier, les yeux suivent nos moindres gestes. JP trouve que la barrière n’est pas haute… mais il y a un bon fossé entre eux et nous. Puis, sur le rocher, là-haut et hélas assez loin, environ 100 m. deux magnifiques loups artiques (blancs, donc) trônent. Heureusement que pour une fois on a pensé à prendre les jumelles. Qu’ils sont beaux. Ils n’approchent mais nous observent bien de leurs beaux yeux noirs. Ils ont le museau et la tête larges, une fourrure splendide.
Arrivés à l’extrémité du parc on peut sortir de la voiture et les femelles wapiti ainsi que les jeunes mâles aux petites cornes accourent de la prairie et viennent très amicalement chercher le « bonbon ». Ils sont presque à aimer la petite caresse, juste un peu timides. On fera une longue promenade parmi eux et les bernaches innombrables. C’est de toute beauté! On fera l’autre moitié du parcours dans le même décor de rêve, en admirant aussi de très beaux ours noirs. Ils vont et viennent rapidement, ils sont vigousses et acrobates sur les troncs au-dessus de l’eau!
un champ de jolies bernaches
Fin de notre safari canadien! Céti que vous pouvez croare çô vou’zaôtres ? Je reviendrais bien demain…
… mais, demain, nous sommes à Ottawa, en Ontario. Pour moi c’est vraiment l’AMERIQUE !
Arrivons de nuit ((because 5h. parmi les wapiti(s) et les bernaches)) sous une pluie battante et un peu de brouillard, il est difficile de trouver une chambre. Tout est occupé, beaucoup de conférences, de réunions politiques, de spectacles. De plus, les réponses à nos demandes de renseignements sont en anglais, ce qui nous rend la tâche ardue à nous autres vaudois ignares et le GPS nous a lâchés, on n’est plus au Québec! De toute façon on n’a pas d’adresses à lui fourrer… Finalement on trouve une chambre dans un grand hôtel avec de l’autre côté de la rue (par chance un joli et excellent restaurant italien »Le Carmello’s », 131 Cooper Street, qui nous requinque bien ! La ville est accueillante, même de nuit et sous la pluie, avec le Parlement en toile de fond et un beau pont illuminé, c’est magnifique!
Le lendemain matin, sous les dernières gouttes de pluie, nous découvrons la ville à pied car ce n’est pas très grand. Nous traversons l’immeuble moderne très bien organisé et occupé en grande partie par les services de la Commune (pratique: comme un petit village). Montons le boulevard Elgin et nous retrouvons avec, à notre gauche le quartier du Parlement sur l’avenue Wellington et à notre droite, la même avenue qui prend ici le nom de Rideau Street avec le grand marché BY (encore de quoi magasiner sur plusieurs étages et bien au chaud au coeur de l’hiver). Une jolie petite place – dont je ne sais plus le nom – fait le lien entre ces deux quartiers, celui des affaires et des spectacles. Elle est habitée par de très jolies statues noires à taille humaine. Passons sous le Fairmont Château Laurier qui est aussi (comme Frontenac de Québec) un hôtel de luxe, depuis 1912. Nous descendons le long des écluses, traversons Majors Hill Park dont les arbres ont déjà revêtu leur tenue automnale aux teintes chaudes. Fraîche est cependant la température. Sous ma pélerine, je porte l’une sur l’autre et avec contentement, mes deux polaires achetées à Percé.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ottawa
Nous empruntons le pont Alexandra, pont voiturier et piétonnier, qui tremble comme une feuille morte au-dessus de la Rivière Outaouais (Ottawa River)… pour rejoindre Gatineau (on l’on parle OUF: français) et au 101 de la rue Laurier, voici le beau Musée des Civilisations, bâtiment de deux étages, trois niveaux, tout en douces ondulations. L’intérieur est riche d’explications sur la vie des 51 peuples autochtones du Canada (51 langues différentes, non pas dialectes!) et rempli de très belles choses (totems, barques, intérieur de maisons ou tipis, objets artisanaux, etc.).
Depuis le 1er janvier 2002, à la suite de la fusion des villes d’Aylmer, de Buckingham, de Gatineau, de Hull et de Masson-Angers, la nouvelle ville de Gatineau occupe un territoire de 339,4 kilomètres carrés. Quatrième ville en importance au Québec, Gatineau compte une population de 247 000 habitants. Elle forme, en conjonction avec Ottawa, la quatrième agglomération urbaine en importance au pays avec plus d’un million de personnes.

A l’étage nous avons droit à une exposition passionnante sur Glenn Gould. Après six heures dans les entrailles de ce beau musée… heureusement que la fatigue se fait sentir, sinon on rentrait encore de nuit…
Glenn Gould commence le piano à l’âge de 3 ans avec sa mère et fait preuve déjà de dons évidents pour la musique, révélant en particulier qu’il avait une » oreille absolue » et une rare facilité à lire toute notation figurée (il se met à composer à 5 ans…)
Gould s’était choisi une vie de solitaire et mena une vie complètement en dehors des conventions habituelles de la société, en individualiste absolu. Sa rare lucidité lui permit de ne jamais s’écarter de la poursuite de son idéal et il a su illuminer la vie de beaucoup. Il se donna totalement à son art , c’était sa façon d’aimer.
Le lendemain, passant entre le Confederation Park et le Canal Rideau nous rencontrons quelques hommes politiques québequois en interviews et encore … de familiers écureuils, marmote, lapin et mignons tamias.

Le Canal Rideau devient en hiver la plus longue patinoire du monde (grande photo « empruntée » à Internet) !
Puis, le matin, nous ferons une visite au Musée des Beaux-Arts qui lui aussi est très beau. Nous serons raisonnables et ne passerons ici que 4h30 (faut dire qu’il y avait aussi une partie du musée de la photographie qui se trouve pour l’instant, en réfection). On sent que nous ne sommes pas en Europe, il y a peu de peintres que nous connaissons. Mais c’est très intéressant, surtout qu’un des guides me fournit spontanément moultes explications cocasses sur, (voir plus bas) par exemple, le tableau représentant la mort du Général Wolfe sur la plaine d’Abraham… et les « fantômes » sur les toiles italiennes) entre autres.
Louise Bourgeois
certains vêtements ne sont pas d’époque, ainsi que le clocher de l’église non plus (dans les nuages) qui d’ailleurs sont poussés par le vent dans le sens opposé à la mèche de cheveux du militaire de droite… et puis en réalité, paraît-il, il n’y avait pas d’autochtone présent… mais voyez comme on a pris soin d’en placer un mais au-dessous du général et de tous les autres… (il fallait plaire à un public le plus large possible car il était à cette époque si difficile de se vendre au Canada).
Notre après-midi est consacré à la visite guidée et très surveillée du Parlement. Comme je ne comprends rien à tout cela qui m’intéresse peu, je m’amuse à faire des photos sans flash. Mais je suis contente de l’avoir visité tout de même et surtout d’être montée dans son clocher d’où la vue est magnifique bien entendu !
