La Costa Brava comme je ne l’imaginais pas…
Quatre journées magnifiques avec nos amis Viviane et Jean-Jacques (connus en Algérie en 1977). Nous sommes partis dimanche matin après avoir pris le café et dégusté les croissants qu’ils nous ont apportés. Nous prenons la route sous le ciel bleu, le soleil éclatant mais le vent est fort; dans la voiture souffle celui de l’amitié et de la bonne humeur. En chemin, première surprise : un superbe faisan vient de passer de vie à trépas, tué net. JJ, en bon chasseur, fait demi tour pour le récupérer et Viviane le place dans son frigo de route. Pourvu que l’on ne voie pas d’autres « accidents ». Bien sûr Caramelle est du voyage et n’aime pas trop que Viviane lui tire le portrait…
Viviane souhaite une première halte quelques km avant Perpignan pour nous faire découvrir le château de Salses. Quelle riche idée ! Une belle forteresse, imposante et originale par ses matériaux de couleurs variées et son superbe portique d’entrée, un peu enterrée volontairement, elle est construite tout en rectangle (110 x 90), vers 1500 par un architecte-ingénieur dénommé Lopez sur décision Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille. Malheureusement, nous ne sommes pas entrés, la route n’était pas finie pour nous aujourd’hui. En passant en bordure nord de Perpignan nous avons juste le temps d’entrevoir dans le rond-point, le bras (30 m.) du gigantesques cadran solaire, dont je vous mets une photo piquée sur la toile, pour l’ensemble de « l’œuvre » :
ainsi que la mienne :
pour le détail !
Puis, nous voici dans la Province de Gérone. JJ ne se ménage pas sa peine pour négocier les virages serrés et ne craint pas les précipices. Il fait grimper sa monture à 4 roues sur les flancs de la montagne Verdera afin que l’on puisse admirer la vue sublime sur la grande bleue et le Cap de Creus. Les collines fleuries de chèvrefeuille et piquées de touffes genêt dévalent sur Llançà et El Port de La Selva. Soudain, se détachent du paysage, morceau par morceau, un important édifice de pierres avec trois tours, c’est le monastère de Sant Père de Rodes, dont on semble ne pas trop connaître l’origine, mais dont des traces remontant à 878. Il a été décrété monument national en 1930. Il est constitué d’un cloître et d’un clocher carré d’influence Lombarde, tous deux du XIIe. Juste à côté, un bâtiment qui fut refuge-hôpital pour les pèlerins. Là aussi nous n’avions pas assez de temps pour visiter l’intérieur. On s’est dit qu’on reviendrait… En redescendant par l’autre côté bien sûr, nous avons croisé un troupeau de vaches.. ça fait longtemps que je n’en avais vues, aujourd’hui, c’est presque exotique dans le Gard. A la fin de cette belle journée nous arrivons à destination : Llançà ! La vue de l’appartement est panoramique, superbe ! C’est une petite ville tranquille avec une jolie promenade en bordure du port de plaisance.
La tête sur l’oreiller, je me repasse toutes les images de cette belle journée. Le matin est vite là! Aujourd’hui, V. et JJ nous emmènent à quelques km pour découvrir enfin Cadaquès. Nous nous retrouvons soudain au bord de l’eau, la plage avec des baigneurs et le petit port de plaisance à gauche, les maisons – je dis bien les maisons – pas les immeubles, sur la droite; pour accéder « au centre » nous passons avec la voiture, comme les piétons, sous les maisons qui forment d’étroites arcades. Des images de certains villages d’Ibiza il y a 48 ans me reviennent aussitôt… même si je ne me souviens plus des noms exacts ! Pas une maison de plus de deux étages, l’église pas « engloutie » par des immeubles, trône au milieu du village, comme autrefois. Nos amis nous entraînent pour une promenade apéritive d’une heure sur une presqu’île d’où la vue sur le village et le port est sublime. Je n’en reviens pas, on croirait avoir remonté le temps de quelques dizaines d’années. C’est de taille humaine, tranquille, l’eau est digne d’être comparée à celle des Caraïbes ! Les terrasses de quelques bistrots sont devant la plage, derrière de grands arbres, au bas du village. A cette saison c’est calme, beau : paradisiaque ! Nous mangeons super bon sur l’une de ces jolies terrasses, celle du Losai en admirant le paysage et l’oranger d’à côté ! Puis nous faisons une promenade digestive dans les ruelles pavées du village visitant brièvement l’église, passant devant la « maison des chats », émerveillés de toutes ces façades fleuries par les habitants. On y voit un cactus partant du sol à côté de la chéneau et grimpant le long de la façade pour aller faire une petite fleur 7 à 8 m. plus haut.
Faut préciser qu’ici c’est le coin de Viviane et JJ qui y viennent depuis 25 ans et connaissent tous les beaux endroits stratégiques et intéressants. Nous n’avons donc pas échappé à la visite d’une cave où JJ voulait acheter son vin et nous en avons profité pour tirer l’apéro du goupillon : un petit verre de Malaga n’a jamais fait que du bien ! Il y avait belle lurette que je n’en avais bu, dommage, c’est très agréable ! Ensuite un bon repas où l’on se sert à un extraordinaire buffet : petites choses pour l’apéro, mets de légumes variés, viandes, poissons, fruits de mer et des desserts excellents; tout cela à l’abri du vent sur la terrasse, en rigolant, c’est génial ! Puis, nous avons visité la plus grande marina d’Europe : Empuriabrava, le bateau devant la porte de derrière et la voiture devant la porte principale ! Nous ferons également un tour rapide par Rosas.
Llança : Une petite ville paisible dotée d’une nouvelle marina et d’un quai tout neuf ! Nous avons, malgré le vent à décorner des bœufs, grimpé sur le rocher pour voir tout ça de plus haut.

Port Lligat : Nous ne pouvions pas ne pas nous arrêter à Port Lligat… du haut de la corniche nous voyons émerger, de derrière les arbres, sur fond bleu intense de la mer, les deux célèbres têtes argentées au-dessus de la « muraille » naturelle. Port Lligat est bien lové au milieu des arbres, tout en bas, devant la plage de la petite crique. Dali l’a achetée en 1930 déjà, il en prit possession avec Gala à leur retour de Paris. A cette époque, l’emménagement de la petite (à ce moment-là) maison, se fit un peu par barque et un peu par dos de mule : pas de route encore !
Nous ne pourrons pas visiter la maison-musée puisqu’il aurait fallu réserver. Nous nous contenterons de visiter le jardin : quelle jolie consolation. C’est une merveille dans ce paysage de rêve, une poésie à étages mêlant bien sûr l’originalité d’un goût parfois particulier, kitsch, mais génial ! Je n’avais pas remarqué que la piscine avait plus ou moins la forme d’un phallus, mais je n’en suis pas étonnée ! Au bout… un petit salon style mi mauresque, mi figue/mi raisin… Un monstrueux serpent de tissus bariolés entoure les tuyauteries. Sur la terrasse, on croise Bonhomme Michelin tout en blanc de chaux revêtu, comme une tasse géante d’où débordent de magnifiques géraniums ou pélargoniums roses. Au sommet, le Christ en tuiles, ferraille de tous genres, pierres, bois, est impressionnant. En arrivant on se demande ce que fait ici ce tas de déchets et en avançant on tourne doucement autour et la sculpture (originale) se dévoile ; elle doit bien mesure dans les dix mètres : impressionnant comme certains de ses tableaux que l’on découvre petit à petit.
FIGUERAS, nous n’aurons pas le temps de nous y attarder ni de visiter le musée sans quoi il faudrait prolonger le séjour… trois p’tits tours et puis s’en vont…
Est-ce un nez ? forme des flacons de parfum…
COLLIOURE qui ne connaît pas ? à 20 km de la frontière espagnole, la Côte Vermeille(use)…
le lit du Torrent du Duy sert de parking mais lors d’orages violents il peut déborder… alors si le temps n’est pas fiable…
Est-ce que la vie m’aurait été plus légère si j’avais su en 1977, en Algérie, que nous ferions ce séjour avec Viviane et Jean-Jacques en 2015 ? C’est magnifique et ces 4 jours eux aussi !




































