Après avoir confié la maison à nos amis les Guitz, on part en voiture pour la Toscane. ENFIN je vais découvrir ce coin d’Italie que j’ai envie de visiter depuis longtemps.
Le soir nous décidons de nous arrêter à la sortie de Nice dans un vieil hôtel tout simple d’où nous avons une vue sublime sur la mer et d’aller manger dans le vieux port. Nous y descendons à pied par le petit chemin Tordu du Mont-Boron ! Les derniers rayons de soleil sur le port sont très agréables; l’assiette et le rosé, aussi.
Le lendemain matin nous reprenons la route pour retrouver à Sienne Michèle et Bernard aux environs des 17heures.
Après la Côte d’Azur, Monaco et ses constructions abominables tendues vers le ciel, l’Estérel puis Menton qui se laisse admirer de haut. Une poignée de minutes après le paysage côtier change radicalement. On est en Ligurie: voici étalées sur des lopins de terre, en équilibre aux replats des falaises, des serres immenses qui nous paraissent pour la plupart à l’abandon. Des vignes et des arbres fruitiers cependant sont encore agrippés à la roche. Pour l’essentiel, les maisons semblent être des fermes. Un peu plus loin, de vertes pelouses pour un golf attendent de solides mollets; faut bien trouver de nouvelles attractions pour les touristes de passage, quitte à ce que les engrais dévalent les collines et arrosent au passage les quelques arbres fruitiers, avant de gagner les plages. Enfin, après une longue série d’horribles tunnels sur une autoroute en mauvais état, l’envie d’un bol d’air de mer entre-aperçue ainsi qu’un petit creux à l’estomac nous décident à descendre, juste après Gênes, sur Recco où nous trouvons un agréable bistrot de plage. Quelques instants sympas sur la plage, devant les chaises-longues blanches et les parasols jaunes. L’assiette est correcte, le rosé très frais ; voulant envoyer une photo à Michèle, voilà qu’elle me SMS pour me dire où ils sont, et bien ils sont juste au-dessus, incroyable. Ils nous rejoignent 10 minutes plus tard ! Vraiment les grands esprits se rencontrent, il est dit que l’on DEVAIT être ensemble avant Sienne déjà ! Joli coup !

Notre B&B n’est pas ce que j’avais imaginé : les chambres que j’avais rêvées dans un cadre bucolique ressemblaient davantage à des caves aménagées, très très sobrement… OK : le tarif que j’avais retenu pour une chambre l’était en réalité pour les deux ! La prochaine fois je laisserai Michèle s’occuper du choix de la réservation ! Dans l’espace restreint servant de salle de bain… pas le moindre petit endroit où poser ses effets. Un micro-ondes, de vieux sachets de thé et des croissants briochés sous vide depuis la nuit des temps… sont restés les mêmes dans le panier jusqu’à ce que l’on s’en aille ! Quant à la déco : des fleurs en vieux plastique délavé, pleines de vieille poussière ont finalement été enlevées après quelques éternuements et que je les ai mises derrière la porte !
Le lendemain on se retrouve pour petit déjeuner dans un snack tea-room. On se met d’accord pour faire un tour de ville. Sienne est surprenante car elle paraît très sombre avec ses briques violacées. De chaque côté de la rue des épiceries, des petits magasins de souvenirs, de poteries ou d’habits alternent avec un édifice officiel, une église ouverte ou de belles façades comme celle du Palazzo Chigi-Saracini qui abrite depuis 1932 l’académie musicale Chigiana (je regrette de ne pas être entrée pour admirer les quelques Stradivarius annoncés et sa salle « rococo » pour les concerts). Au moins j’en ai 4 jolies photos : sa cour intérieure avec la fontaine et le plafond de ses arches. Plus loin, au bout d’une ruelle étroite et en pente nous découvrons la magnifique Place del Campo pavées de briques rouges. Tout en haut de cette place il faut admirer sa claire et magnifique fontaine « La Fonte Gaïa » (1400). D’ici, la place s’épanouit en demi cercle, conçu en 9 parties, pour s’évanouir au pied du Palazzo publico et la Torre del Mangia. Nous y prenons un apéritif (ils ne connaissent pas le pastis ces italiens des collines…) en regardant toute sortes de touristes flâner et tournoyer les hirondelles au-dessus de ce bel endroit. Nous n’avons pas eu le temps de vérifier si c’est une hirondelle coquine ou un pigeon mal intentionné qui s’est « lâché » sur Bernard (qui a pris la chose en se marrant), mais pour sûr cela devrait lui porter chance! Comme en Provence, les heurtoirs des lourdes portes en bois sont souvent de belles têtes bizarroïdes et aux fenêtres le linge est toujours à sécher ! De multiples représentations sympathiques du cochon (dans lequel, surtout ici, tout est bon) et du sanglier aux devantures d’échoppes !

Sur la Place del Campo nous assisterons, par un joyeux hasard, à une jolie parade d’hommes et de tout petits d’hommes (trop mignons) en costumes médiévaux rouge et blanc, le défilé est rythmé par des tambours et accompagné par des lancers de drapeaux. C’est, selon ce que nous avons pu en comprendre une manifestation visant à désigner quelles contrades » (quartiers de la ville au nombre de 17 dont 10 seulement pourront être choisis) courront pour le Palio. Le Palio étant une tradition ancienne et terriblement spectaculaire : une course folle de jockeys montant « à cru » leurs chevaux et tournant deux minutes seulement autour de la Place del Campo.

Les spectateurs sont réunis serrés en son centre et sur son pourtour. En admirant cette place on imagine les risques importants que prendront cavaliers et chevaux lors de cette course effrénée, même avec la piste recouverte de poussière de tuf les glissades peuvent être mortelles ou très graves… Chaque contrada a son effigie, animale en général : oie, louve, girafe, dragon, bélier dressé, escargot, entre autres :
Nous visiterons bien sûr la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption (de Santa Maria Assunta), autrement dit, le fameux Duomo (en pyjama) rayé de marbre blanc et vert foncé. Les styles gothique et roman se partagent l’édifice. La place est belle aussi et il y a beaucoup de touristes mais c’est encore supportable, je pense qu’en plein été cela doit être pire encore que le marché d’Uzès le samedi matin… face au Dôme nous avons dans le dos une belle façade, celle de l’ancien Hôpital Santa Maria della Scala qui date du XIIIe devenue depuis le Musée archéologique national. Son sous-sol protège les sculptures originales de la Fonte de Gaia ; d’autres pièces importantes y sont également mises à l’abri mais des expositions d’art contemporain ont parfois lieu dans ses grandes salles. Nous nous contenterons de visiter l’intérieur du Dôme : splendide et vraiment spéciale cette tenue rayée ornée de dorures. Splendides ces sols à grandes mosaïques, ces fresques superbes; des chaires impressionnantes et des autels imposants avec toujours plein de sculptures partout et une fabuleuse coupole.

Nous monterons aussi sur le Facciatone « grande façade » inachevée du projet monumental de la nouvelle cathédrale de Sienne, stoppé en raison de l’épidémie de peste en 1348. Nous sommes bien récompensés de notre petit effort dans cet escalier étroit et sombre car nous arrivons sur un espèce de balcon d’où la vue est très belle sur la Place del Campo et les toits de la ville. Je ne vous en dis pas davantage, inculte que je suis et resterai, je ne connais rien à l’histoire ni à l’archéologie. Ensuite, de bonnes gelati !

Nous mangeons tout à fait correctement dans quelques restaurants, dont: un tout en briques violacées (dont je ne me souviens plus le nom) et dédié aux « palais » et papilles des touristes mais surtout à la gloire des chevaux. On y verra un homme jeune faire le baise-main à un autre : un évêque en civil ou des mafieux ? Nous serons contents également sur la terrasse-jardin
(un peu fraîche faut le dire mais d’où la vue sur un quartier de la ville était intéressante) du « Due Porte » mais aussi d’un tout petit bistrot super sympa, le « Da Trombicche« . En tous les cas, de ma vie je n’ai jamais vu un tel défilé de fourmis géantes, elles sortaient de toutes les ruelles : des Mercédès noires, dernier modèle, vitres fumées bien sûr … il devait y avoir un nid (ou une grande réception) dans le centre ville !

On nous signale un matin le Grand Marché de Sienne. En effet, c’est immense. On s’y « perdra » un bon moment car on aime bien ces ambiances de flâneries et l’endroit est joli, dans la verdure, sous les remparts. Quelques T-shirts et un sac pour bibi ne nous aurons pas ruinés! Nous retournerons le lendemain avec Michèle et Bernard pour aller cette fois aussi sur les remparts. Il se trouve dans l’enceinte de ces remparts un Luna Park qui ne nous donnait pas envie d’y aller. Agréable promenade pour le reste. Une scène nous a amusés : de jeunes mamans avec leurs poussettes alignées derrière elles font ensemble des exercice de gym, bonne idée !
blason des Médicis ?
un magnifique geai des chênes
Une porte d’entrée qui ne « tape pas dans l’œil » mais ayant entrevu l’intérieur, je n’ai pas résisté à l’envie d’entrer. Alors, si vous cherchez une pharmacie à Sienne avec une expérience multiséculaire, traditionnelle mais également spécialisée dans l’homéopathie, l’ayurvédique, les soins par les plantes, etc. alors n’hésitez pas à aller à Lucerne… oui vous me direz c’est un peu loin en cas d’urgence ! Mais NON : La pharmacie Lucerne est au centre de la ville de Sienne depuis… 1718 au moins et elle se nomme officiellement la Farmacia Quattro Cantoni. L’architecte de sa riche décoration néoclassique est Agostino Fantastici. Pas assez curieuse et n’étant pas seule cliente dans cette belle officine je n’ai pas osé poser davantage de questions. Elle est juste magnifique, son très charmant patron m’a autorisée à prendre 2 ou 3 photos.

Quelques autres photos prises à Sienne :

A Sienne, la célèbre marque Benetton offre elle aussi un merveilleux cadre à ses clients :
