Famille-Amis-Echanges-Aquarelles

28 avril 2019

Lectures 4

zuppigerjeanpierre @ 11:00

Madame Pylinska et le secret de Chopin – Eric-Emmanuel Schmitt
J’ai bien aimé ce petit livre qui parle d’apprendre la musique au piano d’une drôle de manière avec un professeur qui ne vous fait pas jouer à chaque leçon mais vous incite à jeter des cailloux dans l’eau, écouter en regardant les branches et les feuilles des arbres se balancer dans la brise, faire l’amour avec amour et observer les chats qui parfois sont mélomanes… joli petit livre !

Les prénoms épicènes – Amélie Nothomb
J’ai au moins appris trois nouveaux mots : épicène, un autre que j’ai déjà oublié mais qui va me revenir… et puis j’ai appris ce qu’est un coelacanthe ! Comme souvent, ce livre est sombre. Une sombre histoire d »amour qui traite très superficiellement de la résilience : une enfant qui aime un père qui ne le lui rend pas et l’ignore ! Ce père est le personnage central, pourtant ce sont deux femmes : l’une modeste et docile amoureuse de son mari; l’autre, brillante et riche, est l’objet de l’amour fou, refusé, de la part de ce mari. C’est la fille qui soutiendra sa mère quand elle perdra momentanément pied.

 Le Consentement – Vanessa Springora
Aprés l’avoir entendue à LGL je ne me suis pas refusé l’achat de ce livre, j’avais envie de lire ses mots pour comprendre mieux cet envoûtement… car c’est à cela que cette pseudo histoire d’amour ressemble à s’y méprendre. Et puis le rôle de la mère m’interpellait beaucoup mais quand j’y apprends que même (entre combien d’autres), Françoise Dolto avait, en 1977, signé une lettre ouverte en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes, intitulée « A propos d’un procès »… Je me demande comment cela a pu exister sans faire plus de bruit et m’échapper. Je lisais Halimi, Groult, Marie Cardinal, Libres enfants de Summerhill, puis Bruno Bettelheim, etc. m’indignait tant sur l’infibulation des femmes africaines, etc. J’étais à Tlemcen à cette époque-là, mes enfants avaient 3 et 7 ans, mais tout de même j’avais pris des livres avec moi. Nous n’avions de radio qu’algérienne. Cela ramène au cas Polanski car je lis p. 194 : « En dehors des artistes, il n’y a guère que chez les prêtres qu’on ait assisté à une telle impunité. La littérature (ou autre art) excuse-t-elle tout ?« 

Demain les chats – Bernard Werber
Intéressant pour connaître un peu l’origine et la « diffusion » des chats de par le monde : amour, désamour ou haine selon les époques et les endroits. Toutefois, pas emballée… quelques passages marrants tel que celui-ci :« … ainsi les humains ont découvert l’importance de l’art. Cela ne sert à rien… pourtant c’est leur force… si un jour nous voulons les égaler il faudra qu’une chatte miaule aussi bien que la Callas sur un air aussi beau que celui de Casta Diva de Bellini » ou d’autres passages assez pertinents sur le comportement des humains à leur égard ou, en général.

Le bal des folles – Victoria Mas
Expérimentations du professeur Charcot à la Salpêtrière dans les années 1885 : c’est dur, même si on connaît déjà l’histoire de cet hôpital. L’écriture de cette jeune femme de 31 ans est fine, pleine de tact et permet de passer ces tristes histoires de femmes. J’ai pensé entre autres à Camille Claudel… qu’a retenu de tous ces malheurs la mémoire collective de nous les femmes ? Je vous cite ce seul passage  : « … leur jugement réside dans leur conviction. La foi inébranlable en une idée mène aux préjugés. T’ai-je dit combien je me sentais sereine, depuis que je doute ? Oui, il ne faut pas avoir de convictions : il faut pouvoir douter, de tout, des choses, de soi-même… »

Le ciel par-dessus le toit – Natacha Appanah
Au dos de la couverture il est écrit ceci : « … Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman griffé de tant d’éclats de noirceur nous transporte pourtant par la grâce de l’écriture de NA vers une lumière tombée d’un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames« . Mais
NON, je n’ai pas été transportée, malgré la qualité de l’écriture… et la douceur de la famille est bien furtive… faut vraiment faire un effort d’imagination… en bref, ce livre ne m’a pas plu !

La rêveuse d’Ostende – Eric-Emmanuel Schmitt
L’étonnant pouvoir de l’imagination dans nos vies ! J’ai beaucoup aimé (surtout La rêveuse d’Ostende et La Guérison); j’ai dévoré ces cinq histoires. A part M. Ibrahim et… j’avais un a priori vis à vis du personnage Schmitt (que ma fille aime bien). Comme on m’a offert ce petit livre, je l’ai lu et… avec grand plaisir !

Le Merle Bleu – Michèle Grazier
Un roman dont l’histoire se déroule aux proches environs ou sur la Place aux Herbes d’Uzès, ça ne se rate pas ! Et de plus j’ai bien aimé cette histoire touchante. Un vieux couple d’octogénaires, passionnés d’ornithologie, prend en amitié un beau jeune homme étrange et étranger. Faisant fi des conventions et de la méfiance des amis ou de la famille ils le logeront dans leur bel appartement. Il leur apportera plein de petits bonheurs et seront heureux ensemble…

Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin
Un très joli roman, quelques longueurs. La vie d’une gardienne de cimetière : tout un monde dans un petit village de Bourgogne ! Beaucoup d’amour, de solidarité et d’amitié avec quelques échappées dans les calanques de Marseille.

La Saga des Bédigas: deux tomes - Claude Brahic
J’ai revu M. Brahic à l’occasion d’une exposition et j’ai acheté son deuxième tome pour connaître la suite du premier que j’avais bien aimé ! Il écrit lui aussi bien sur ces belles Cévennes et leurs habitants. Je me suis un peu ennuyée au milieu du livre…

A cause d’un parfum – Françoise Vielzeuf
J’ai eu bien du plaisir à lire ce roman qui parle d’amour(s) bien sûr et qui décrit si bien un environnement de la campagne Cévenole ! J’ai bien aimé la manière de faire exprimer, tour à tour, le point de vue des intéressés – en constituant chaque fois un chapitre – les différents acteurs de ce livre.

Les promesses de l’âge – Perla Servan-Schreiber « à 75 ans, ma nouvelle liberté »
J’aime bien ce livre et même si certains passages me semblent être des répétitions d’autres lectures ou banales… je le garde sur ma table de nuit ! Je retiens par dessus tout ceci à la page 157 : »Quoi que je fasse, mon ignorance restera insondable » et pour sourire, une phrase de Benoîte Groult ; »La vieillesse est si longue qu’il ne faut pas la commencer trop tôt ! » et en conclusion une phrase du début du livre : »Il nous appartient de trouver ne nous la tranquillité d’accepter notre âge pour agir en conséquence, non pour nous résigner » !

Comment vivre en héros – Fabrice Humbert
J’ai beaucoup aimé de nombreuses pages, j’ai trouvé des longueurs (quand il parle politique ou administration), j »étais intéressée et j’ai bien fait d’aller jusqu’au bout ! J’ai aimé quand il imagine des vies possibles avec des « SI à ce moment-là précisément… ? » C’est bien écrit, il y a de l’humour et c’est actuel, subtil, original, brillant je crois même ! La fin m’a tiré des larmes. Un excellent livre finalement !

L’autre George de Mona Ozouf – L’autre George
Je ne suis pas arrivée très loin dans ce livre qui m’a cassé « les pieds » – cette comparaison incessante entre George Sand (que j’aime pourtant) et George Elliot… trop intello pour moi !

Marceline Loridan-Ivens (avec Julie Perrignon) – L’Amour après
Après quoi… après l’horreur : l’indicible effroi, l’insupportable douleur de perdre les siens sous la torture, d’être témoin de tout cela puis vivre avec ces visions, ces odeurs, ces cris dans les oreilles encore et encore ! Bouleversant et courageux. Avancer par le biais de rencontres apaisantes vers un ailleurs en cherchant l’Amour… qui se fera attendre mais qui posera enfin un baume sur les blessures. 

Je relève p. 114 et 115 : « L’antisémitisme a ressurgi. Et au fil du temps, le chantier de ma jeunesse vibrante et militante est devenu un foyer de l’islamisme qui frappera le monde au tournant du siècle. Les poseurs de bombes agissent partout au nom d’un fascisme religieux et non plus au nom de la liberté des peuples… » – « Il faut répéter qu’une Juive survivante d’Auschwitz a tout fait pour sauver des femmes arabes de la torture et du viol. Il est là le sens de l’Histoire et de l’Humanité. Mais nous l’avons perdu…. » et de C.G. Jung « La vie non vécue est une maladie sont on peut mourir… »

Jean-Pierre Ryf , Le vieux monsieur à Venise : j’ai adoré ce petit livre d’un peu plus de 100 pages, comme tous les autres de Jean-Pierre d’ailleurs… A Venise, un vieil homme rencontre un autre homme ; au fil des rencontres la confiance s’installe et le vieux monsieur raconte sa vie, finalement dans l’espoir que l’homme rencontré l’écrive. On voyage dans le Nord-Est de l’Algérie, on admire ses paysages superbes et sa capitale, passant des années 1962 puis à 2010.

Sa grande sensibilité, la qualité des mots choisis, m’émeut toujours. Voici quelqu’un de très cultivé qui pourtant aime beaucoup, simplement déambuler dans les rues des grandes villes pour se laisser surprendre. Y découvrir des choses ou des endroits nouveaux pour le plaisir de la surprise, de la curiosité satisfaite, l’étonnement et connaître. J’ai moi aussi le goût de visiter les cimetières (je pense à celui de Pointe-à-Pitre, notamment, si gai, visité il y a 20 ans et dans lequel on se sent bien) ainsi que l’an dernier, l’ancien paisible cimetière de Massiliergues dont vous trouverez des images un peu plus haut dans mes articles.  Jean-Pierre a une façon très personnelle et si fine de dire ou de décrire pourquoi il n’apprécie  pas certaines personnes ou ne cautionne pas certains événements, sans agressivité jamais. A la p.57 une belle citation tirée des Mémoires d’Hadrien et celle-ci plus courte de Jean Guéhenno (que je ne connaissais pas) : « La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir mais pour se trouver ».

Je n’ai que du bonheur à le lire et je vous recommande ses livres. Bien sûr, ceux sur  l’Algérie… ou « Tombeau pour mes chiens » qui est un petit bijou. Je  prends la liberté d’écrire que je le considère comme «un sage» .

Je dis souvent que «rien n’est parfait en ce bas monde»… oui, un court passage m’a « chiffonnée »… mais ça, je le garde pour moi seule, peut-être que je le lui dirai, si j’ai le plaisir de le revoir …

Perla Servan-Schreiber, Les promesses de l’âge (à 75 ans ma nouvelle liberté) : je vais en faire mon livre de chevet, pour un temps en tout cas. P. 157 : « Quoi que je fasse, mon ignorance restera insondable. J’ai le sentiment que tout ce qui est essentiel est mystérieux. Naître, aimer, mourir. Et c’est bien ainsi : la seule pratique utile est celle de l’acceptation, de l’ouverture à ce qui advient. Dire OUI, y compris à l’âge… » A-t-on le choix ? Essayons d’être philosophe à défaut d’être intelligent…

Eric Fottorino, Dix-sept ans : Dans un moment choisi par une maman de 75 ans qui convoque  ses trois fils pour enfin leur confier son douloureux secret de jeunesse… beaucoup d’émotion dans cette subtile recherche d’amour entre un fils et sa mère qui arrivent finalement, bien que difficilement, à se REtrouver ; ce livre m’a beaucoup « remuée », évidemment !

Laisser un commentaire

mes ouvrages |
masque |
La magie dans tous ses états. |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | création tecktonik de teck-...
| Club 3 & 4 Roues de l'O...
| ASSO-RANDO-CLISCOUET56