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8 novembre 2008

Lectures No 1

zuppigerjeanpierre @ 11:54

Amalia Albanesi (Sylvie Tanette)
Si vous le voyez à l’étalage, contentez-vous de lire le résumé… vous n’obtiendrez rien de plus! INCONSISTANT !

Scarlettt, si possible (Katherine Pancol) pour la 2ème fois sans enthousiasme
On y retrouve bien l’ambiance des années 68 et les balbutiements de « l’émancipation à tout prix » des femmes. Les convictions ébranlées, les doutes angoissants et les grands espoirs de la jeunesse du moment. A mon avis 500 pages, c’est trop, la moitié aurait suffit…

Les mots de ma vie (Bernard Pivot)
Une façon originale de se raconter par (les maux et) les mots, l’idée me plaisait bien. Les premières 100 pages m’ont séduite. Mais à la 150e page je cale, j’ai l’impression que cette façon de « séquencer » ainsi sa vie n’est pas très généreux pour le lecteur. Une sorte de retenue créant une distance m’empêchant de « pénétrer » dans cette forme de biographie. Je vais poursuivre quand même mais…

Dans l’ombre de la reine (Lotfi Ben Chrouda – majordome des Ben Ali
Ecoeurant la mentalité et la méchanceté de cette femme, l’emprise folle sur ce mari complètement « envoûté » et sans force mentale pour lutter contre. De grands malade qui font subir le pire des traitements à leurs employés, à leur peuple. HONTE… qu’ont les fasse languir d’attendre une mort qui saura les trouver, j’espsère dans le dénuement le plus total.

Marina (Carlos Ruiz Zafon) ce roman a dix ans mais vient d’être réédité
Oui j’ai eu envie de lire un deuxième roman de cet écrivain espanol dont m’avait parlé mon bôf Suso. Le plaisir a été vif, c’est original et on retrouve bien son côté mystérieux, limite surnaturel. C’est toujours l’histoire d’un jeune homme de 15 ans et d’une ado du même âge qui lui a révélé l’existence d’un papillon noir gravé sur une tombe dans un cimetière abandonné et visitée la nuit par un personnage tout de noir vêtu.

La Balade de Lila K. (Blandine Le Callet)
NON ce n’est pas vraiment une balade mais un cheminement vers l’indépendance
 d’esprit, vers l’amitié et vers l’amour. Une reconstruction longue et difficile pour cette petite fille de 6 ans, maltraitée par sa mère devenue toxico par désespoir. Mutiliée, aveuglée à force de vivre dans un placard ce qui l’empêchera durant de longues années de côtoyer ou de se laisser toucher par les autres, elle insupportera le bruit et la lumière. N’aimera qu’une seule nourriture, celle des boîtes pour les chats. L’histoire se déroule en 2107 environ, dans un Paris qui ne comporte plus que deux zones: intra muros et extra muros; les gens sont devenus des sortes de robots aseptisés, botoxés et égoïstes. J’ai beaucoup aimé cette « balade » qui est loin d’en être une…  et qui m’a fait « cheminer » bien des jours après avoir lu la dernière page. Mais voyez plutôt les liens ci-dessous :

http://media.librairiedialogues.fr/47/attachments/original/4/8/6/000850486.pdf

http://claudialucia.blog.lemonde.fr/2011/03/30/blandine-le-callet-la-ballade-de-lila-k/

Tant que battra mon coeur (Mireille Darc
En livre de poche que l’on m’a prêté. Je l’ai lu jusqu’au bout. Accents de sincérité mais également, à l’image de Mireille, trops bien rangé…

L’ombre du vent (Carlos Ruiz Zafon)
(Dernière page de couverture :
Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : Le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Il rencontre donc le livre qui va changer le cours de sa vie et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafòn mêle inextricablement la littérature et la vie.

J’ai bien aimé ce livre de poche d’environ 600 pages dont on a envie de connaître le dénouement…  mais pas trop tôt quand même… il est vrai que l’on plonge dans les traquenards de la guerre civile, mais on jouit aussi tout au fil de ses pages de secrets qui se défont, d’atmosphères mystérieuses et lugubres dans l’ambiance ressentie quelques années plus tard encore dans la Barcelone de ma jeunesse. Le quartier gothique, le cimetière du Montjuich, les Ramblas, la Place de Catalogne et ses beaux immeubles autour, son vieux quartier près du port avec ses nombreux bars à tapas. Par contre, aucune allusion du bidonville immense (dans lequel poussaient encore, entre les tôles, barricades de bois et abris en tissus, quelques orangers…) et que j’avais péniblement parcouru, voire escaladé, avec Aldo Zampiero en partant sur Ibiza rejoindre Jeanine. Bref… comme un roman policier…

Les vaisseaux du coeur (Benoîte Groult) encore…
Aussi une relecture à la nouvelle lumière de mes 60 ans…

« Arriverais-je à l’âge mélancolique où l’amitié semble plus vivable et précieuse que l’amour ? »

NOCES (d’Albert Camus)
Des décennies plus tard, j’ai pris du plaisir à relire ces 4 petites nouvelles qui racontent encore l’Algérie. Et celle que j’aimais le plus, celle de l’hiver, du soleil et du vent, voire de l’hiver de la vie… ce qui n’était pas le cas à ma première lecture… Des phrases prennent une autre dimension, comme :

« Le signe de la jeunesse, c’est peut-être une vocation magnifique pour les bonheurs faciles. Mais surtout, c’est une précipitation à vivre qui touche au gaspillage. » Joli n’est-ce pas ?

« … Car l’espoir, au contraire de ce qu’on voit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner. »

« … Et je sais des heures et des lieux où le bonheur peut paraître si amer qu’on lui préfère sa promesse. »

Les yeux jaunes des crocodiles (Katherine Pancol)
Pas mal mais… rien de nouveau… Ce roman a obtenu le Prix Maison de la Presse en 2006 ! Bon, ce ne sera plus pour moi une référence valable.

Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites (Marc Lévy)
Encore un autre Lévy que j’ai bien aimé, il a de l’imagination et le rythme est bon, c’est sympa. C’est vite lu et ça ne fait de mal à personne.

« … Cette marque, nous l’avons tous au-dessus de la lèvre supérieure, sauf moi. Le jour où je suis né, le messager a oublié de me rendre visite, et je me souvient de tout… »

Confidences à Allah (Saphia Azzeddine)
Un premier roman virulent qui relate crûment l’enfance et la jeunesse épouvantables d’une petite marocaine du Sud. Ce texte a été adapté et mis en scène pour le Festival d’Avignon 2008. Saphia est née en 1980, elle a été assistante diamantaire à Genève; puis, depuis on la dit devenue journaliste, déjà scénariste, réalisatrice et écrivain. Son 2ème roman « Mon père est femme de ménage » a été adapté au cinéma cette année avec François Cluzet et elle vient de sortir chez le même éditeur, un troisième roman « La Mecque-Phuket ». Il fait bon être riche, jeune, belle et en bonne santé que…

L’élégance du hérisson (Muriel Barbery)
Une livre que j’ai beaucoup aimé. Les deux personnages principaux sont très attachants et leur « philosophie » est plaisante, intéressante. La fin est abrupte mais cela évite peut-être qu’il soit qualifié « à l’eau de rose ».

P.173 : « Vous seriez surpris de ce que se disent les petites gens. Elles préfèrent les histoires aux théories, les anecdotes aux concepts, les images aux idées. Cela ne les empêche pas de philosopher ».

P. 177 : « Mais beaucoup d’hommes intelligents ont une sorte de bug : ils prennent l’intelligence pour une fin. Ils ont une seule idée en tête : être intelligent, ce qui est très stupide… et quand l’intelligence se prend pour le but, elle fonctionne très bizarrement… »… « et tous ces gens intelligents qui ne savent que faire de leur intelligence… »

P. 218 : « Comment naît l’Art ? il s’accouche de la capacité qu’a l’esprit à sculpter le domaine sensoriel. Il met en forme et rend visibles nos émotions…

Dernière page : « C’est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais« .

Les hommes qui marchent  (Malika Mokeddem)
J’ai évidemment bien aimé ce lire dont l’écriture très personnelle, ici, me plait assez bien.
Il complète fort bien celui de Jean-Pierre Ryf,   »Algérie, Algérie, que me veux-tu? » qui narre plutôt ce qu’il se passait dans le nord algérien.

P. 321 : « Marche, car les déserts sont des grands larges au bord desquels l’immobilité est une hérésie« .

Le jeune homme en culotte de golf  (Jean Diwo)
Pour la première fois avec Diwo, j’ai peiné à finir ce livre !

L’immeuble Yacoubian  (Alaa El Aswany)
Au Caire dans les années 30-50 sous le régime de Nasser, la vie n’est pas simple. Ni pour les riches et encore moins pour les pauvres, chacun essaie d’émerger du commun à sa façon. La corruption et la politique, l’homosexualité interdite, le goût des vieux messieurs pour les jeunes filles, les camps « d’éducation » pour les jeunes hommes, etc. Misère et ambition peuvent mener à l’horreur, par exemple pour ce jeune enfant (devenu totalement intégriste).
Mais j’ai beaucoup aimé ce livre.

Loin des bras  (Metin Arditi)
J’ai eu un peu de peine à entrer dans ce roman car les nombreux personnages ne se distinguent pas immédiatement, il faut les découvrir, comme ils de dévoilent d’ailleurs eux-mêmes les uns aux autres. Puis on s’y intéresse et s’y attache, c’est bien fait. Tous ces profs de pensionnat suisse des années 60 sont en fait des paumés ensuite de jeunesse tourmentée, d’enfance violée, de chagrins difficilement soutenables, d’injustices, d’erreurs. Comment donc pouvait-on ainsi « sortir » des gens brillants de ces pensionnats? En fait parce que « Loin des bras » démontre l’indifférence et l’incapacité de certains parents trop occupés à briller professionnellement et occupés à leurs vies sociales. Ces enfants s’attèlent ainsi à DEVENIR et s’accrochent pour satisfaire ces parents omniprésents que la société admire. Arditi pousse tous ses personnages à bout en brisant leur routine professionnelle pour que finalement,  chacun se « ressaisisse » et puisse s’en aller vers un avenir, enfin plus libre. Tout se déroule entre Lutry et Lausanne et c’était fort agréable de suivre « des yeux » les déplacements et de me remémorer, par exemple le bar de chez « Nyf », le bord du lac, etc.

Risibles amours  (Kundera, 1968)
Arrivée au milieu de ce livre de poche acheté 2 euros à Paris en face de chez Jean-Pierre et Rachid je me suis rendue compte que je l’avais déjà lu à l’époque. Toutes ces controverses sculptées de main de maître n’ont sûrement pas vieilli, mais moi oui.  J’ai cependant noté cette phrase : « Moi, je DOIS mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. » Ainsi que celle-ci : »Je crois qu’un homme et une femme s’aiment davantage quand ils ne vivent pas ensemble et quand ils ne savent l’un de l’autre qu’une seule chose, qu’ils existent, et quand ils sont reconnaissants l’un envers l’autre parce qu’ils existent et parce qu’ils savent qu’ils existent. Et ça leur suffit pour être heureux. »  En conclusion je crois que je vais relire « L’Insoutenable légèreté de l’être » que je n’avais pas pu lire jusqu’au bout au moment de sa sortie. J’en avais gardé un sentiment d’ambiance glauque, je suppose qu’aujourd’hui, avec le recul, ce sera bien différent… je vous redirai.

L’Homme qui m’aimait tout bas(Eric Fottorino)
Le suicide d’un père adoptif et adoré, tunisien et parti à 20 ans faire la guerre d’Algérie aux environs de Tlemcen (décidément…), volontaire pour aller sortir d’un gouffre émettant des gaz toxiques, des hommes restés au fond. Devenu kinésithérapeute, il se marie et adopte le fils de 7 ans de sa femme. Aura 2 autres fils. C’est presque un journal, j’ai trouvé un peu longuet, tout en compatissant…

Retour au pays  Jean-Pierre Ryf (Nouvelles)
J’ai eu du plaisir à lire ces trois nouvelles. La première est celle qui m’a le plus touchée et émue. L’histoire de cette usurpation d’identité pour des raisons « avouables » mais intolérables pour la société a une résonnance tellement actuelle… De plus elle m’a renvoyée à mes heures de secrétariat au Palais fédéral à Berne, à l’époque peu glorieuse de Mme Elisabeth Kopp. Je travaillais aux P.V. d’auditions des réfugiés et requérants d’asile. C’étaient de jeunes juristes pas secs derrière les oreilles qui les entendaient et rapportaient. Tous les demandeurs ne s’exprimant pas clairement, n’ayant pas eu quelques démêlés avec un passeur, ne sachant fournir un itinéraire précis de leur parcours ou sans le sou, étaient d’emblée mis en doute et donc refoulés. A ma plus grande colère, les autres à qui restait quelque argent, pouvant clairement exprimer qu’ils avaient navigué jusqu’en Italie, ou roulé de là à ici avec tel passeur (dont on se refilait les noms) se voyaient accorder du crédit et la demande était alors prise en considération. Je fulminais et le disais mais… une petite secrétaire, de surcroît « velche » faisait sourire. Je racontais mon séjour en Algérie et répétait que les beaux-parleurs ne sont (nulle part) forcément plus dignes de confiance, plutôt souvent au contraire. Jean-Pierre sait parfaitement nous émouvoir sans nous laisser un goût amer de désillusion totale.

La deuxième est belle. J’ai aimé ce retour imaginé au pays, dans SA terre. Elle a pourtant, à mon avis, un fond triste de « boucle bouclée ».

La troisième, un dialogue d’outre-tombe, est intéressante. Je connais maintenant un peu mieux l’émir Abdel Kader dont on voyait le nom partout en Algérie mais peut-être pas pour son côté humain et spirituel.

 

Algérie, Algérie, que me veux-tu ?  (Jean-Pierre Ryf) dont vous trouverez le lien dans ma page « LIENS »  emoticone
J’ai pris un immense plaisir à me « sentir » de nouveau (après Khadra) en Algérie. Les senteurs, les vignes, les immenses champs, les oueds asséchés, les plaines grandioses, le soleil sous la terre rouge et sèche. Celle-ci même dont Jean-Pierre a dû s’arracher en 1962; il a été parmi les derniers à partir, il avait 18 ans. Moi qui ai encore la nostalgie de ces terres du nord algérien après n’y avoir passé que trois petites années… je tente de me mettre à la place de celui qui y a vécu 18 ans, qui y est né, qui n’a jamais respiré autres parfums, n’a vu d’autre lumière que celle de ce ciel pur et y laisse son enfance, son adolescence et une partie de sa famille. Je compatis au chagrin de cet éloignement. Ce pays, si différent pourtant de celui que j’ai connu, déjà en profonde mutation (Boumediène meurt en 1978) et l’incertitude règne à nouveau… La terre rouge et les vallées d’oueds exhalent toujours la fleur d’oranger, des murs émanent encore le parfum du chèvrefeuille ou du jasmin mais en plus, il y a l’odeur pestilentielle des poubelles qui sont éparpillées au 4 vents et dont les déchets viennent se déposer sur la route, sur toutes les barrières, dans les arbres et sur les buissons… je me laisse emporter voyez-vous, j’ai aimé y vivre…

J’ai donc vibré avec Jean-Pierre au fil de ses investigations et de ses découvertes. Ce livre se lit comme un roman mais n’en est pas un. C’est une philosophie généreuse dont on doit tirer une bonne leçon : ni haine, ni rancœur, juste un grand espoir personnel et un autre espoir pour TOUS ceux qui aiment ce magnifique pays. Je trouve toujours « curieux » ces ficelles invisibles (tirées par qui…?) reliant à certains moments les gens entre eux : tels Jean-Pierre et M. Groslière – neveu de cet avocat algérois - qu’il retrouve et conserve comme ami. Merci Jean-Pierre de nous avoir permis de partager, un petit peu, tant d’émotion(s) et je vous souhaite de tout cœur de pouvoir un jour réaliser votre vœu le plus cher… bien que la question de savoir si ce sera « une bonne chose » reste posée…

et je sais maintenant que les habitants de Pau sont des « palois » et non pas comme JP des bâlois !!!

« Les souvenirs des jeunes années sont des bribes arrachées au temps… » (p. 15)

Et soudain, une montagne dans le ciel…  (Nicole Niquille)   Embarasse
Des « collines » de la Gruyère aux pentes  »à vous couper le souffle » des toits du monde avec Erhard Lorétan, telles furent ses premières passions. En chaise roulante depuis une cueillette de champignons il y a 15 ans environ, elle en a découvert d’autres. Pourtant je n’ai pas été réceptive à son livre ! Juste une phrase que j’ai retenue :  « Je supporte très mal la psychanalyse stérile, celle qui sert à se connaître mais à fuir la réalité« .  

Les habits du dimanche(François Morel, un des Deschiens)   Embarasse
La vie de famille racontée par un enfant, puis par un ado, qui ne veut surtout pas devenir un adulte. Il y a des passages sympas, rigolos et touchants… mais…  

Ce que le jour doit à la nuit(Yasmina Khadra)  -  un beau livre  Bisou
Une histoire douloureuse d’amitiés, d’Amour, qui relate la période la plus terrible de l’Algérie (coloniale). J’ai beaucoup pensé à ce que nous racontait, sur le perron de ce qu’il lui restait de jardin, le papa de Senia (un homme adorable, intelligent et cultivé), à Tlemcen, incosolable de ses vignes perdues. Un terme que je découvre dans ce livre : la « nostalgérie » (p. 400)! Comme je comprends. C’est pour cela que j’ai eu tant de plaisir et d’intérêt à le lire : cela se passait dans la région que nous avons le mieux connue durant nos trois ans là-bas : entre Oran et Tlemcen. Mais j’ai aussi rencontré Khadra au Salon du Livre à Genève il y a quelques années. Un homme charmant, très discret, semblait-il.

J’ai trouvé tellement poignant la manière de décrire l’ »effacement » du père qui ne finit jamais (p. 165). Et toujours,  cette difficulté d’être ni d’un côté ni vraiment de l’autre; les amis, les familles qui se déchirent, voire s’entretuent. Oui, c’est cela : la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d’un même pays. C’est aussi une belle histoire d’Amour (un amour qui durera jusqu’à la mort de ces deux coeurs honnêtes et fidèles)… sans jamais avoir été vécu !

P. 407 : Nos yeux ne nous appartiennent plus. Nous sommes les otages de nos souvenirs. Nos paupières closes nous racontent; ouvertes, elles donnent sur nous-mêmes.

Trois femmes puissantes(Marie NDiaye )  -  GONCOURT 2009     un livre « pas mal » mais d’ici à obtenir le Goncourt ?   Embarasse
Un peu « alambiquée » cette écriture.
Par exemple : « ses mains tremblaient tellement qu’elle échappa la tasse sur la table de verre ».
« Mais pourquoi, comment maman aurait-elle décrit ce qu’on lui avait déjà raconté à elle-même, puisqu’elle n’y était pas ? »

Mais à part cette considération personnelle, l’ écriture est précise, détaillée, trop? elle plane aussi (Marie NDiaye semble beaucoup aimer l’allégorie avec les oiseaux). Trois histoires de femmes (la première est sûrement un peu autobiographique: abandonnée à l’âge d’un an par son père africain qui emporte son petit frère, elle  fera ce qu’il faut pour le sortir des griffes de ce père lorsque ce dernier l’appellera au secours 30 ans plus tard; la deuxième est l’histoire d’un jeune couple qui se déglingue au retour d’Afrique pour de troubles raisons, la troisième, l’histoire d’une jeune africaine qui devient veuve, chassée par sa belle-famille qui ne peut supporter une bouche de plus à nourrir, elle finira par croupir chez une matronne mais sans révolte en se contentant d’être Elle sur Terre. Je n’ai pourtant pas beaucoup été  »rebouillée » par l’histoire de ces trois femmes que la confiance en elles et en la vie aident à survivre… probablement j’ai été tenue à distance par cette expression trop sophistiquée pour moi.      

Moi, Milanollo, fils de Stradivarius – Roman historique de Jean Diwo  Sourire

Trois siècles (et ce n’est pas fini) de joies intenses, de surprises, d’inquiétudes aussi pour « Coucher de Soleil », ce violon, né à Cremone en 1728 des mains de Stradivarius. « Coucher de Soleil » ne comprend rien à ces étranges mortels que nous sommes mais Diwo l’a tout de même doté d’humour, d’une certaine capacité de réflexion et même d’un penchant à philosopher… Il a frôlé les jupons de Mme de Pompadour, enchanté les salles les plus réputées au monde. Les luthiers des plus renommés ont veillé à ce qu’il demeure beau et en « pleine santé », les mains les plus expertes l’ont fait vibrer : Bach, Paganini, Viotti, Teresa Milanollo, Pierre Amoyal et aujourd’hui Corey Cerovsek (ce brillant virtuose canadien, de père indien et milliardaire…). 

J’apprends que Paganini a eu jusqu’à la fin de sa vie « un violon … d’Ingres : la guitare » ! Et puis il se moque des certains humains « aux manières de triple croche« . Bref, c‘est toujours un régal pour moi de lire Diwo mais je ne pense jamais à l’acheter… ah! ces humains !!!

L’Echappée Belle(Anna Gavalda) 2009   Mecontent
Pour son 5e livre, ma chère Gavalda nous fait tout un plat de sa journée avec sa fratrie, soeur et frères s’échappant de leurs contraintes familiales du jour pour revivre les quatre,  des moments merveilleux. Mais bon… c’est un peu tiré en longueur et l’émotion n’est pas au rendez-vous.

Retrouvailles au Kenya  (Corinne Hofmann)   Indeci
Mariée avec un guerrier Samburu selon la tradition kényanne ils ont une petite fille : Napiraï qui doit avoir 20 ans aujourd’hui. (La Massaï blanche) que je n’ai pas lu. Un an et demi plus tard, malade et sur le point de ne plus pouvoir se rétablir, avec sa fille, elle quitte l’Afrique et son guerrier pour se soigner en Suisse… Elle ne retournera bien sûr pas à Barsaloï… que 15 ou 20 ans plus tard ! Ce livre retrace son retour en terre africaine (avec un caméraman, un scénariste et un ami…) pour LES BESOINS du film qui sera tourné sur place à grands frais et racontera l’histoire de cet amour. Bon, j’ai aimé très moyennement !

Où es-tu maintenant ?  (Mary Higgins Clark)   emoticone
C’est la deuxième fois que je lis cette auteure… il est vrai que le suspense est présent à tous les chapitres. Plus on avance plus on veut aller au bout. C’est vraiment divertissant et sympa. On s’attend bien sûr à être surpris tout du long… et on l’est … à la toute fin !

Le Bal(Danielle Steel)    Cool
Vraiment à lire sur la chaise-longue au soleil entre un verre de sirop et un Magnum vanille-chocolat !

Mille Soleils Splendides(Khaled Hosseini)    emoticone
Du même auteur que « Les Cerfs-volants de Kaboul » (magnifique paraît-il) que je n’ai pas encore lu, ni vu le film ! Et vous ?
En Afghanistan dans les années 1980-2000, la rencontre forcée de deux femmes et, autour d’elles:  l’enfance qui les a faites, l’enfant, les guerres, la haine, les trahisons, les angoisses, mais malgré cela, l’Amour, la capacité d’intenses petits moments de bonheurs qui aident à survivre malgré la cruauté de leur homme, des hommes. Sur fond des COMMENT et des QUI du  »11 septembre » il faut tenter de retrouver une, le courage de faire SA place pour pouvoir SE reconstruire soi-même et son pays…

Mon évasion (Benoîte Groult)   emoticone
Agréable mais rien de nouveau même sous le soleil …de l’île Maurice ! J’avais préféré « La touche étoile » plein de positivisme, d’amour et d’espoir, sans chichis.
« Toute vie est une évasion. A chaque instant, nous devons scier des barreaux, lancer des cordes faites de draps où nous avons trop longtemps dormi, briser le silence des alcôves, des cabines d’essayage, des confessionnaux… Chaque jour, crier, casser des habitudes : s’évader. »

Le Printemps des Cathédrales(Jean Diwo)    emoticone
Je ne suis pas une accro de l’Histoire… voire même moins qu’accro… vous voyez ?! Mais chaque fois que je lis Diwo je ne peux plus m’arrêter, c’est intéressant et très agréable. Le parcours de vie, commun par moment, de quelques évêques, abbés et maçons, parliers, « architectes » en cette première moitié de 19ème est passionnante. Quant au problème de mémorisation… mes neurones ne s’améliorent pas…

Présentation de l’éditeur
 » Avant de poser sa main sur le Livre, Renaud ferma les yeux et, en un éclair, vit défiler les étapes prodigieuses de sa vie de bâtisseur. [...] Le jeune maître Renaud sentit ses mains trembler, comme animées par une force mystérieuse.  » Renaud Pasquier commence son apprentissage de maître d’œuvre avec le célèbre Suger à l’abbaye de Saint-Denis. Dès lors, il n’a de cesse de parcourir les chantiers avec sa grande famille pour faire connaître les nouveautés architecturales et techniques de l’art gothique naissant. Jean Diwo nous raconte les règles, les traditions, les secrets et les passions de ce monde de la construction en y mêlant les mésaventures de la famille royale française. De Sens à la Sainte-Chapelle et de Louis VI à Louis IX, nous parcourons ainsi le XIIe, siècle en compagnie d’une famille de bâtisseurs de cathédrales.

Dr Nadia Volf   (xoeditions.com)    Sourire
J’ai choisi la liberté –
Nadia Volf, enfant de parents juifs russes, chercheurs scientifique et médecin, est née en 1961. Elle décide très jeune de devenir médecin. Elle atteindra le plus haut niveau dans ses études. Elle est passionnée d’acupuncture depuis que son père a été sauvé par cette médecine à Léningrad. Mais au début de la Pérestroïka… elle sera menacée… et n’obtiendra son salut qu’au fait qu’elle accepte de renoncer à professer en URSS et… à quelques amis sincères. Avec son mari et son fils de 5 ans elle se rend en France en 1990… mais les choses ne seront pas simples. Elle devra faire tous les examens nécessaires à l’obtention d’équivalences de titres. Avec son mari et son fils, elle obtient en 1998, la nationalité française. Elle est enfin, heureuse pleinement semble-t-il puisqu’elle travaille librement, poursuit inlassablement ses recherches, soutenue et entourée de son fils et de son mari, dans un Paris enfin plein d’amis. J’ai lu ce livre comme un roman. Il est poignant, intéressant. Une telle volonté de vaincre et la force de survivre malgré les trahisons et les doutes… ont-elles forcé la chance ? Sûrement, ça me plaît d’y croire.

Arlette Cousture
Depuis la fenêtre de mes cinq ans -
Très curieuse de cette auteurE québequoise, j’ai trouvé un peu longuet. Toutefois, c’est vrai que c’est Un texte d’une grande sensibilité (celle d’une femme mûre qui se souvient de ses impressions de fillette et tente de les coucher sur papier: pas évident, par moment ça manque un peu de naturel !)

Benoîte Groult :
La touche étoile (roman) j’ai trouvé optimiste… vraiment touchant, ai bien aimé
« Alice affrontera son âge avec une lucidité impitoyable et un humour décapant, dans un monde où « vieillir est un délit ».

Catherine Nay :
Un pouvoir nommé désir (biographie de Nicolas Sarkozy) très instructif ai bien aimé
« La gloire se donne seulement à ceux qui l’ont toujours rêvée. »   Ch. de Gaulle
– Vers l’armée de métier
« 
Le sage se guérit de l’ambition par l’ambition même. »   La Bruyère –  Les Caractères

Yasmina Reza: auteur de plusieurs pièces de théâtre dont 2 vues à Kléber-Méleau et bien appréciées
L’Aube le soir ou la nuit(autorisé bien sûr par lui, Y. Reza a suivi Sarkozy quelques mois)
un peu plus difficile, plus subtil mais passionnant, ai bien aimé
« L’homme seul est un rêve. L’homme seul est une illusion. On les rêve dans une solitude emblématique mais les hommes font semblant d’être seuls. C’est un leurre. On les appelle des fauves, mais les fauves sont seuls. Sans doute sont-ils fauves dans leur arène, ailleurs ce sont des animaux domestiqués. »    Y. Reza
« Ils jouent gros. C’est ce qui me touche. Ils jouent gros. Ils sont à la fois le jouer et la mise. Ils sont mis eux-mêmes sur le tapis. Ils ne jouent pas leur existence, mais, plus grave, l’idée qu’ils s’en sont faite. »     Y. Reza

Sacha Guitry :
Théâtre et Mémoire d’un tricheur (chez Omnibus) j’aime ce misogyne et ces retournements de situations, sa mauvaise foi comme tous les hommes… empruntés ! j’adore!
« Sacha Guitry a maintenant rejoint Molière dans l’éternité, il est devenu à sa façon un classique, et de nouvelles générations découvriront ici, je l’espère, ce poète de la fantaisie, de l’insolence, de la tendresse et de la liberté. » – Jean-Claude Brialy

Amélie Nothomb :
Métaphysique des tubes (autobiographie de 0 à 3 ans) étonnant, j’aime bien
« Grâce à une étonnante économie de vocabulaire, le style de Mademoiselle Nothomb sert à la perfection les bonheurs et malheurs d’Amélie que l’on croirait pensés par une comtesse de Ségur qui aurait fauté avec Marcel Proust. » Albert Sebag - Le Point

Une Réponse à “Lectures No 1”

  1. marcel marion dit :

    J ai adoré les Cerfs-Volants de Kaboul,en ce qui concerne Jean Diwo,j ai lu tous ses livres sauf ce dernier titre que je vais m empresser de reserver a la Biblio,j ai les meme reserves que toi en regard d Arlette Couture,mais je te suggere de lire LES FILLES DE CALEBRE,c est l histoire du Quebec dans les années 1915,interessants,tu peux aussi aller sur notre blogue et tu verras mes Coups de Coeur aussi,
    Marcel

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