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8 novembre 2008

Théâtre – Cinéma

zuppigerjeanpierre @ 12:01

La Confession film de Nicolas Boukhrief que je ne connais pas… j’en ai raté la moitié car mes esgourdes ont souffert de cette voix de mourante (normal au début puisque c’est elle qui « confesse » son amour pour un prêtre). Très jeune le prêtre qui reçoit cette confession lui non plus n’en croit pas ses oreilles… mais par la suite en revoyant la jeunesse de la dame, le ton de la mourante demeure le même et pour cela, ce film  a été détestable pour moi ! Pas compris ce filet de voix de l’actrice alors qu’elle est dépeinte comme un fort caractère…

Cocorico  de Patrice Thibaud / Philippe Leygnac au Cratère d’Alès
Créé en novembre 2008 au Théâtre National de Chaillot, le voici dans celui d’Alès pour notre plus grand plaisir. Sans paroles – ce qui repose mes oreilles mal entendantes – c’est un spectacle pour enfants également, dans lequel la gestuelle est formidable, l’accompagnement au piano ou à la trompette très agréable ajoute une dimension à tous les effets. Trois panneaux blancs doubles sont le seul décor dont ils se servent astucieusement en les déplaçant et par le jeu des ombres et des couleurs.

Cézanne et moi film de Danièle Thompson. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne s’est pas cassé la tête pour varier les paysages : les ocres … de Rustrel peut-être, la Ste- Victoire toujours sous le même angle, un barrage en fond d’écran qui dérange un peu (même si c’est le père Zola qui l’avait dessiné). Les décors (mis à part les paysages) peu variés font artificiels, même la petite maison de Cézanne dans la garrigue manque de naturel. La jolie plage sensée être de L’Estaque n’y est sûrement pas. On saute les années pour y revenir ensuite, on ne sait plus où on en est… Canet mal fagoté en vieux Zola et Gallienne passe tout juste… surtout quand il descend ou remonte la garrigue presque en courant…  Pourtant ce n’est pas le jeu des acteurs que nous n’avons pas aimé mais la réalisation, avons l’impression d’avoir vu un film fait au rabais, économie d’énergie et de sous…

La Vénus au phacochère avec Alexandra Lamy au beau théâtre national du Cratère à Alès. En incarnant à elle seule les 4 rôles de cette pièce, Alexandra Lamy fait revivre avec une grâce unique (à la fois canaille sensuelle et bouleversante) la société artistique et intellectuelle du 19ème siècle, une belle époque spirituelle et misogyne! Une excellente prestation, pas facile. Dommage que je n’aie pas pu avoir une meilleure place qu’au premier rang, c’est dur pour la nuque !

Inconnu à cette adresse  au Théâtre nouvellement baptisé Bernadette Laffont : une pièce presque « sur mesure » même si on n’attend pas ces deux-là (Thierry Lhermitte et Patrick Timsit) dans ce registre – selon les lettres du chef-d’oeuvre de Kressmann Taylor. Cette amitié réduite à néant en raison du nazisme. C’est une lecture mais beaucoup de passages sont dits sans être lus. Lhermitte est parfait dans ce rôle d’Allemand rentré des Etats-Unis et insidieusement convaincu par Hitler, il devient sûr de ses nouvelles idéologies. Timsit resté en Amérique souffre et à la fin nous fait presque les yeux humides tant il est convaincant.

En solitaire de Christophe Offenstein, j’ai bien aimé ces très belles images de mer, cette aventure humaine dans laquelle encore une fois François Cluzet est parfait. Bien sûr, la fin est un peu « facile » mais si au moins cela rappelait à tous ceux qui voient le film que la gloire peu être personnelle !

Violette Leduc de Martin Provost, j’ai beaucoup aimé ce film. Emmanuelle Devos est parfaite, Sandrine Kimberlain est bien aussi. En plus, Violette a fini par vivre à Faucon, ce petit village que nous aimons bien et que vous trouverez sur ce blog, bien des pages plus haut.

Dans la maison de François Ozon avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer. Un plaisir pour les mots, du bon vocabulaire. Ici tous les espoirs sont permis… il me semble qu’il manque un peu de reliefs dans la fin de ce film mais qui fait bien plaisir aux oreilles; les deux acteurs masculins sont excellents. On se fait mener en bateau, on se questionne souvent, le suspense est présent et c’est tant mieux.

Tous les espoirs sont permis de David Frankel… eh ben… je dirais qu’ils ne le sont plus car Meryl Streep avec sa façon d’être « grave » en se frottant le visage dans ses deux mains ou en se les tordant comme une petite fille a réussi à m’agacer un peu et son Tommy Lee de « mari » je n’en voudrais pas pour tout l’or du monde! Rien de grave dans ce film mais rien de sérieux. Du mi-figue mi-raisin à la limite un peu désagréable.

Une bouteille à la mer de Thierry Binisti, d’après le roman de Valérie Zenatti est une fable émouvante et délicate sur l’absurdité de la guerre dont triomphe l’amitié. Cette jeune actrice qu’est Agathe Bonitzer est tout simplement superbe de justesse. Elle me fait penser à Barbara Streisand. Mahmoud Shalabi lui aussi est tellement crédible et ses yeux… Très émouvante description de situations, sans jugement apporté, plein de finesse et finalement une note optimiste dans ce chaos fait du bien: encore une fois VIVE l’amitié et l’amour !

Les Intouchables  (Eric Toledano et Olivier Nakache)
François Cluzet et Oma Sy sont extraordinaires de crédibilité, nous émeuvent souvent et nous font bien rire. Le rythme est super. Ce grand jeune homme noir des cités qui vient de passer 6 mois en tôle. Il accepte finalement, après deux entretiens et parce qu’il y rencontre une très jolie jeune femme rousse, de venir à demeure servir cet homme très riche devenu tétraplégique à la suite d’un accident de parapente. Driss (Oma Sy) arrivera à tout assumer, au-delà des espérances de son « employeur » puisqu’il lui redonne le goût de VIVRE malgré le fauteuil roulant. En finalité, un conte sur l’amitié, de plus, inspiré d’une histoire vraie dont les protagonistes sont encore en vie. J’ai adoré, JP aussi. Que ça fait du bien des films comme celui-ci. Ne le ratez sous aucun prétexte.

http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.allocine.fr%2Fvideo%2Fplayer_gen_cmedia%3D19253309%26cfilm%3D182745.html&h=kAQF9uHESAQFwrNAET9Dkl44Yz-X4ukA-Y96HCOyvRBbcSA

Pour vous convaincre je vous décris très approximativement juste ce passage. Pour nous faire comprendre que ce jeune homme a très vite compris une nécessité, et donc acquis une culture générale, on nous montre une scène qui ressemble à ceci : il est dans le bureau du chômage, au mur est une affiche publicitaire sur le temps qui passe comme les trains rapides de la SCNCF, à côté un poster des montres de Dali. Il dit à la dame qui le reçoit : ah! je comprends… c’est pas mal votre idée, le temps passé dans les trains et les montres de Dali pour le rythmer, excellente idée! J’ai déjà envie d’aller revoir ce film et ce qui m’étonne le plus c’est que JP aussi.

Laïcité Inch’Allah! (Nadia El Fani)
Belle démarche mais on a tout de même l’impression de n’avoir pas une vision « équilibrée » des deux mondes: celui des intellos, artistes, vivant, semble-t-il, dans le quartier de Sidi Bou Saïd et celui des ouvriers, agricoles entre autres vivant dans les terres ou dans la rue. Mais je conçois qu’il est si difficle de résumer ce vaste et tellement complexe dilemme, ni toutes ces aspirations à la liberté de religion, ni de priver le peuple de foi. A quoi, à qui les faire croire désormais?

Poulet aux prunes (Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud)
Un très agréable film poétique avec des décors originaux et un Almaric super. Il se déroule en 1958 à Téhéran et raconte l’histoire d’ un célèbre violoniste qui se couche pour attendre la mort depuis que son violon a été brisé par sa femme devenue aigrie par manque d’amour payé en retour. Il meurt en revoyant le seul bref amour de sa vie, celle qui lui donné le souffle magique pour jouer.

Tous les soleils (Philippe Claudel) – Acteurs Stefano Accorsi, Clotilde Courau et Neri Marcoré et le plaisir de voir quelques instants Anouk Aimée
Fourbus de notre journée de travaux, nous sommes allés au Capitole d’Uzès pour manger une assiette : bonne soupe de poissons et sa rouille ou soupe aux légumes, salade verte, amandes et copeaux de parmesan puis tiramisu délicieux. Le film l’était aussi. Une jolie histoire sans chis-chis qui privilégie les contacts humains. L’acteur principal est italien: Alessandro, professeur de musique baroque passionné par son métier, devenu veuf peu après la naissance de sa fille, il habite un vieux logement dans Strasbourg avec sa fille Irina, devenue ado avec tout ce que cette étape comporte d’incompréhensions pour le père dépassé, et un frangin qui peint mais ne veut pas vendre ses toiles… même à un Suisse… c’est un gentil fou anarchiste qui n’acceptera de sortir de la maison que lorsque Berlusconi ne sera plus au pouvoir… Beaucoup de plaisir à voir ce film.

Le voyage de Pénazar (AT d’Uzès)

Une pure merveille de poésie dont j’ai oublié de vous parler tant je suis restée longtemps sous le charme de ce voyage dans le temps et envahie de l’émotion déclenchée. Un bijou ! Les liens ci-dessous vous le décriront tellement mieux que je ne le saurais le faire.

http://www.newsofmarseille.com/le-voyage-de-penazar-derriere-le-masque/

http://www.theatredelacommune.com/cdn/saison-2011-2012/le-voyage-de-penazar

http://www.compagnie-entreprise.fr/rubrique12.html

Le Barbier de Séville (Beaumarchais) à l’Ancien Evêché d’Uzès
La pièce a été surprenante, surtout en raison de sa scène en lattes de bois gris, un peu haute et rectangulaire, avec en sa tête un pan cental incliné, les sièges (rouge vif) des spectateurs l’entourent sur trois côtés. C’est dire la difficulté de rendre l’atmosphère intimiste et de travailler, non pas sans filet mais sans rideau, entre les actes. Donc finalement, c’est étonnant mais très bien fait et surtout très bien joué par cette Compagnie “In Sittu” que nous découvrons. 

Ploutos  (d’Aristophane il y a environ 2500 ans…) à Kléber-Méleau en 2010…
Philippe Mentha, en paysan simple et honnête cherche à ce que son fils ait la vie moins dure que lui. Avec son esclave il part à la recherche de Ploutos, dieu de la richesse. Pour que celui-ci n’empoche pas les dons des riches, Zeus a fait brûler les yeux de Ploutos qui guérira grâce au dieu de la médecine. Angélique Ionatos et sa belle voix chaude, incarne  sur quelques accord de guitare, La Pauvreté qui vient rappeler à ce paysan et ses amis tout ce dont elle leur a permis de jouir : la chasse et la pêche, les arts et tous leurs métiers. Elle sera rejetée de tous et s’en ira plus loin… La corruption, l’appât du gain, l’envie, l’esclavage, la peur de l’autre… thèmes éternels ? Ploutos est parfait dans son rôle d’aveugle. Un très beau décor, une mise en scène impeccable pour cette pièce adaptée à notre actualité.  Quelques instants de la deuxième partie m’ont paru moins « homogènes »… est-ce peut-être parce qu’Alfredo Gnasso en fait un petit peu trop ?

Sacha le magnifique écrit, mis en scène et joué par Francis Huster (Gaîté Montparnasse)
Il arrive sur scène en Sacha Guitry, avec perruque de cheveux blancs longs dans le cou, de grosses lunettes de myope et d’une voix très bien imitée vous débite à toute vitesse ses origines en partant de son grand-père qui d’ailleurs s’avèrera ne pas être son grand-père biologique. La cadence est soutenue; les phrases suivent au même rythme ainsi que ses déplacements sur la scène; presque un peu trop. Soudain il demande à une jolie petite pétasse du 3ème rang de bien vouloir éteindre son mobile. Elle ne veut rien entendre, s’énerve, cherche à partir en lui rétorquant qu’elle préfère sa conversation téléphonique à son discours de vieux ringard. On y croit tous, c’est drôle! Aussitôt qu’elle monte sur scène FH enlève perruque et lunettes pour reprendre sa voix et raconter la suite de l’existence tumultueuse de SG. Bien mignonne Lisa Masker sera à la fin de la pièce le fantôme bien timide d’Yvonne Printemps (mais avec une très jolie voix) à qui Guitry s’adressera en avouant quelques sentiments de regret concernant leurs histoires d’amour et de théâtre. Un jeune pianiste Elio  Di Tanna joue quelques morceaux (Bethoven, Schumann, Gershwin) bien amenés par Huster (soucieux de porter ces deux jeunes aartistes). Toutes ses tripes sont dans cette bio qui nous a appris bien des choses sur l’époque d’Arletty et de Guitry… ne reste plus qu’à s’en souvenir ! Beau travail M. Huster que nous avons ensuite vu passer devant notre terrasse, en pleine discussion avec Lisa, encore un peu dans leur jeu probablement; ils paraissaient ne voir personne.

 

Les Justes d’Albert Camus (Théâtre La Colline) Paris
Vaste sujet et toujours aussi actuel que traitent Les Justes, mais pour cette pièce censée se dérouler dans un appartement où cinq jeunes socialistes révolutionnaires complotent et dissertent sur l’assassinat, la justice et l’amour, je trouve la scène elle aussi très vaste, trop vaste! Le décor et la mise en scène ont par moment un petit aspect asiatique qui ne colle pas du tout à l’atmosphère que l’on aurait plutôt vue slave. A mon humble avis, trois acteurs sont bons : Emmanuelle Béart, Wajdi Mouawad et Vincent Dissez. Les autres ont un phrasé peu naturel, style « vieille France » qui par moment dérange. Il y a de terribles longueurs et beaucoup de gens sont partis avant la fin du premier acte. Sur la fin, Emmanuelle Béart tire et retire inlassablement sur la corde sensible jusqu’à ce que certains versent une larme.

C’est là qu’on mesure le travail de Philippe Mentha, à Lausanne: le choix de ses acteurs et sa mise en scène pratiquement toujours « Juste » !

 

 

 

 

 

Un Contrat (western psychanalytique) de Tonino Benacquista (Théâtre de Vidy)
On  a bien apprécié !

« Face à Christian Gregori, inquiétant dans le rôle du tueur, le metteur en scène (Valentin Rossier) incarne le psy en danger. Du tranchant dans du feutré (…) L’intérêt de ce face-à-face ? Les bascules de pouvoir entre les deux ténors et la finesse de la joute verbale. La performance, aussi, de deux acteurs taillés pour ce combat saignant à fleur d’inconscient. »Le Temps, Marie-Pierre Genecand

« La psychanalyse se voit comparée à un travail mafieux et la peur dénoncée comme un mécanisme naturel du capitalisme. » Le Courrier

 

 

 

Supermarket(Théâtre de Vidy)
Je n’y suis pas allée. Mais Jean-Pierre et Anouck oui… et ils n’ont pas aimé… point final !

 

 

Tranches de Vian (Théâtre de Vidy) par Paradoxe Compagnie
Un spectacle juste EXCELLENT, joyeux, magnifique ! Grouillez-vous si vous hésitez encore, IMPOSSIBLE d’être déçus… sauf si vous êtes snob !!! Je vous laisse lire ci-dessous quelques passages que j’ai tirés d’Internet.Nous y sommes retournés, à quatre, pour une deuxième soirée géniale ! Ils sont vraiment parfaits! Devant nous, un couple de quarantenaires était là pour la 3e fois… Nous avons pu encore mieux nous régaler des textes (qui ont une résonance étonnamment actuelle), et nous laisser transporter par leur(s) musique(s) et nous régaler de leur(s) frénétiques jeu(x) de scène !

Flore, Tabou, Sartre, Queneau et les autres. Qui se souvient aujourd’hui de ces lieux et de ces noms? Lieux de culture, berceaux du jazz, noms de rêveurs lucides d’un monde nouveau, qui se rappelle leur ironie mordante et la contestation qui les habitaient? Boris Vian était de ceux-là. Mort il y a 50 ans, ce trompettiste, auteur et chanteur, compère d’Henri Salvador, importateur du rock en France, reste un poète décalé, dégainant aussi bien le solo de jazz que le polar.

Aujourd’hui, Pascal Chenu et Yves Pinguely lui rendent hommage le temps d’un spectacle et d’un florilège de chansons. Sans encens, ni flonflons, mais avec le rire chevillé au corps et l’insolence qu’il mérite. Vian, 50 ans plus tard, est toujours là, comme un poil à gratter en chansons et en textes, servi par des artistes uniques et farceurs trop rares sous nos latitudes. Ici, Vian a trouvé ses héritiers !

Une heure et quart de délire musical. Bal d’acteurs et d’instrumentistes où hacun est tour à tour chanteur, percussionniste, danseur, pianiste, choriste, acteur. Soit une vingtaine de chansons revisitées, découpées en tranches et servies saignantes.

 

Au « Flore » et au « Tabou » il croise Sartre, Gréco, Queneau, Mouloudji, Claude Luter, Miles Davis…Il trouve dans ce «terreau » une liberté de ton, de vie et de pensée. Il apporte ainsi à la chanson, à l’instar de Trenet ou de Gainsbourg, une singularité qui le rend indispensable. Qui résonne aujourd’hui.

Des chansons impertinentes où le sens de la dérision et du burlesque sont servis sur un rythme de java, de tango, de blues, de jazz ou de rock and roll. Près de 500 chansons poétiques, politiques, délirantes, idiotes, possibles ou impossibles… Satires féroces contre le machisme, le snobisme, le militarisme, la consommation, le show-bizz. Ce caméléon, capable de « mixer » les genres, de développer une capacité à s’adapter, utilise tous les potentiels qu’offre son époque. Il sera ingénieur, écrivain, auteur-compositeur-interprète, critique musical, hroniqueur, directeur artistique, trompettiste de jazz, traducteur, pataphysicien , défenseur de science-fiction, de cinéma…

Première de Phèdre (théâtre Kléber-Méleau)
Au départ de la pièce, on a un peu de peine avec les alexandrins mais on s’habitue car la diction pour la plupart des acteurs, est très bonne. C’était une soirée agréable et j’ai trouvé les acteurs excellents: Enione par Rose Thiéry était particulièrement parfaite. Le décor est sobre et beau. Juste un petit bémol : j’ai trouvé que parfois, Thésée particulièrement, reste un peu figé lorsque, par exemple, son interlocuteur débite son texte pour lui apprendre la mort d’Hyppolite, son fils. Philippe Mentha et Lise Ramu sont vraiment généreux : à chaque première ils offrent à la fin du spectacle un fameux buffet: salades, charcuterie, viande froide, oeufs, légumes variés puis fromages et encore une table de desserts.

Les Zoizeaux : (théâtre Kléber-Méleau)
Des textes écrits, bien avant qu’il ne subisse son handicap, par Roland Dubillard pour sa femme comédienne (Nicole Ladmiral – que je ne connaissais pas…) mais qui ne les a jamais exprimés en public. Ils sont aujourd’hui, dits mais surtout chantés par leur fille Ariane Dubillard, accompagnée magnifiqument bien au piano et à certains moments par la voix d’Isabelle Serrand (qui en a composé tous les arrangements). Ariane revient paraît-il avec tant d’émotion que de plaisir sur la scène de Philippe Mentha. Je la découvre mais ne suis pas emballée, ni par sa voix que je trouve parfois « criarde » ni par les textes en général.

Le Petit Bal, 1959 ou Tempête au Commerce (aux Trois Petits Tours), à Morges (l’année de leur 50e) que le temps passe vite… il y a environ 25 ans on allait voir le petit Juju (Julien Pasquier) à son premier match de hockeyeur à La Pontaise avec un casque bien trop grand pour sa petite tête, et maintenant on va le voir au théâtre où il excelle, malgré ses deux jobs à l’Uni : il est devenu ciminologue ce petit… et n’a toujours pas la grosse tête ! Bravo Julien !

Bref, cette pièce que nous avons vu avec nos amis les Pasquier et Rémy : Le Petit Bal, 1959, ou Tempête au Commerce est un régal. Sans paroles, se déroulant, en raison d’une tempête annoncée sur les ondes, dans un seul café et un bout de trottoir, le soir de St-Sylvestre. Elle a été créée par la troupe qui la joue; avec Sandro Santoro pour la mise en scène tellement bien réussie. Le rythme est soutenu, on oublie qu’il n’y a pas de dialogues tant on est pris par le jeu des acteurs, finalement il s’avère que chacun « entend » les dialogues à sa guise.  Le petit orchestre de 3 musiciens : Jean Duperrex, Arnaud Racine et Jean-Luc Pascal épaulent efficacement et joyeusement tous les moments de cette soirée.

De L’Amour : (théâtre Kléber-Méleau)
Philippe Mentha a innové en montant une nouvelle de Tchékov qui précède agréablement L’Ours. Dans le rôle de ce dernier il est une merveille de justesse, à tel point qu’on le croirait écrit hier, pour lui. Travesti en vieil homme autrefois célibataire endurci car occupé à conserver son patrimoine, il nous confie délicatement et petit à petit qu’en réalité il a aimé beaucoup une femme, celle d’un autre et ami. Finalement, il reconnaît qu’il l’aimera toujours même si aujourd’hui il est trop tard. Il est convaincant, touchant.
Michel Cassagne, Jacques Roman, Lise Ramu et Juliana Samarine l’entourent à merveille.

Mme Mélo :
L’autre soir nous sommes allés au Théâtre Kléber-Meleauchez Philippe Mentha et Lise Ramu voir une pièce de Claude-Inga Barbey. Célèbre depuis qu’elle a créé « Bergamote », écrit initialement pour la RSR et joué avec Patrick Lapp. Je n’aime pas Bergamote et J.-P. ne connaissait pas mais nous étions curieux de voir le spectacle qu’elle avait écrit pour une seule femme : « Mme Melo« . Joué par Emmanuelle Ramu, la fille de Lise, on ne risquait pas grand’chose faut le dire! Eh bien, ce fut une bonne idée, nous avons beaucoup aimé ce monologue touchant, Mme Mélo dit parfois lentement ses mots simples bien à leur place et l’interprétation est excellente : magnifique! Bravo !

verges020.jpg Serial Plaider à Paris dimanche 22 février 2009, en fin de journée nous sommes allés au Théâtre de La Madeleine: voir, entendre, admirer le grand ténor du barreau français, Me Jacques Vergès. Ecouter pour comprendre mieux SA vision du monde et respecter son interprétation de lui-même. L’autre jour je vous écrivais que j’aime les mots… et bien hier soir ils sonnaient « vrai » dans cette « plaidoirie » intelligente, subtile et sensible.

Il nous parle de Jeanne d’Arc et du procès qui l’a conduite au bûcher, de celui d’Antoine Berthet à Grenoble en 1827 qui l’amena à la guillotine. Il m’apprend que de ce fait divers-là (Stendhal en était friand) sortira Le Rouge et le noir; à la différence que le statut social de Julien Sorel lui sera plus favorable. Il m’apprend aussi que Jean Genêt était pédéraste et cambrioleur… le saviez-vous ?

Me Vergès cite aussi : « Kundera, dans L’Art du roman, dit que le romancier, ne doit pas placer un postulat moral au centre de son oeuvre, mais simplement le désir d’explorer le coeur humain. Je crois qu’un tel conseil s’adresse aussi aux avocats. »

Il y a un paradoxe de l’avocat comme il existe un paradoxe du comédien. Non pas s’identifier à la cause de l’accusé mais s’en laisser imprégner pour comprendre ce qui s’est passé. Encore une fois, comprendre ne veut pas dire excuser, ni justifier, minimiser, absoudre. Comprendre, c’est au contraire armer la société pour que le crime ne se reproduise pas.

La question qui se pose (nous affirme-t-il) est la suivante: comment cet homme mon semblable en est-il arrivé à commettre ce que je réprouve? Quel chemin lui a-t-il fallu parcourir pour en arriver là? Je vais essayer de le remonter en sens inverse, afin que la société puisse apposer le plus en amont de ce chemin de perdition l’écriteau : « sans issue ».

« Comment pouvez-vous défendre un criminel pareil ? » Cette question posée à un avocat est tout aussi absurde que celle posée à un médecin, « Comment pouvez-vous le soigner ? »

Réponse à ces âmes inquiètes : La profession d’avocat n’est pas seulement l’exercice d’une technique c’est aussi et avant tout une manière d’assumer l’humanité de tous les hommes, coupables ou non. »
Faisons un rêve: théâtre Edouard VII avec Pierre Arditi, Clotilde Courau et Martin Lamotte
C’est curieux de penser que, pour beaucoup aujourd’hui, il est un auteur bourgeois, alors qu’il a balayé toutes les règles, qu’il n’en a toujours fait qu’à sa tête, qu’il a sans cesse inventé, qu’il ne s’est jamais enfermé dans un genre, et que ses morales, toujours, n’ont rien de conventionnelles.

En 1916, il a 30 ans lorsqu’il écrit cette pièce et on l’on ressent ce manque de « bouteille ». Ca paraît léger ! Bon faut dire que c’est pendant la guerre 14-18 et, en plus… après Vergès… bref nous n’avons pas vraiment apprécié. Certains passages certes sont dignes de bon Guitry, mais j’ai quand même trouvé des longueurs et surtout qu’Arditi en faisait trop, il en devient presque agaçant et s’embrouille en postillonnant sur Lamotte, qui : bon… Clotilde Courau reste assez « fraîche » mais z’enfin, un peu déçus !

Théâtre - Cinéma dans SUISSE puce01b Les Master Classes de Jean-Laurent Cochet
jlc dans SUISSEDepuis le 22 août 2007, Jean-Laurent Cochet triomphe sur la scène du Théâtre Pépinière-Opéra dans “Aux deux colombes“, une délicieuse comédie de Sacha Guitry, dont il a assuré la mise en scène et qu’il interprète entouré de quatre excellentes comédiennes que sont Paule Noëlle, Viriginie Pradal, Catherine Griffoni et Anne-Marie Mailfer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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